Londres resserre la vis et rétablit des restrictions

«J’aurais aimé ne pas avoir à prendre ces mesures», a souligné Boris Johnson.
Photo: Stefan Rousseau Pool / Agence France-Presse «J’aurais aimé ne pas avoir à prendre ces mesures», a souligné Boris Johnson.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a assuré mercredi vouloir éviter à tout prix un nouveau confinement au Royaume-Uni, après avoir limité les rassemblements pour tenter de contrer une résurgence du nouveau coronavirus, et a annoncé un programme de dépistage massif.

Les rassemblements de plus de six personnes seront interdits à partir de lundi, en Angleterre, contre 30 jusqu’à présent, et les pubs et restaurants devront enregistrer les coordonnées de leurs clients pour pouvoir retrouver les contacts des personnes infectées.

« Tout le but est d’éviter un deuxième confinement national », a insisté le dirigeant conservateur lors d’une conférence de presse. « En réduisant fortement les contacts sociaux et en améliorant l’application [de ces mesures], nous pouvons maintenir les écoles et les entreprises ouvertes », a-t-il ajouté.

Après la levée progressive du confinement décrété fin mars, le gouvernement a multiplié, ces dernières semaines, les encouragements aux Britanniques à retourner au bureau, à l’école et dans les pubs pour relancer l’économie du Royaume-Uni, qui a subi au printemps un effondrement sans équivalent en Europe.

Il veut désormais éviter que ce scénario noir se répète, au moment où les cas positifs dépassent la barre quotidienne des 2000 depuis plusieurs jours.

Après avoir déjà dû légèrement mettre le frein pendant l’été sur le déconfinement et imposer localement des restrictions, il s’est résolu à agir à plus grande échelle étant donné l’augmentation des cas recensés, en particulier chez les jeunes.

« J’aurais aimé ne pas avoir à prendre ces mesures », a souligné Boris Johnson. « Mais, en tant que votre premier ministre, je dois faire ce qui est nécessaire pour arrêter la propagation du virus et sauver des vies. »

Avec près de 41 600 morts, le Royaume-Uni est le pays le plus endeuillé d’Europe par l’épidémie. Boris Johnson s’est vu reprocher d’avoir tardé à prendre conscience de la gravité de la pandémie et à imposer un confinement.

Appliquée à partir de lundi, la nouvelle limite sur les rassemblements concerne l’Angleterre uniquement, les autorités locales des autres provinces britanniques étant compétentes sur ces sujets. Elle s’applique à l’intérieur comme à l’extérieur, à l’exception des écoles, lieux de travail, des mariages ou funérailles.

Afin d’éviter un nouveau confinement à l’échelle nationale, des restrictions locales ont été déjà mises en place pour contenir des flambées de la COVID-19.

Au parlement, mercredi, le chef de l’opposition travailliste Keir Starmer a accusé le premier ministre d’« incompétence » concernant les ratés du dépistage, à la peine face à la hausse des infections malgré d’importantes capacités : « Le gouvernement n’arrive même pas à assurer la base. Le gouvernement passe de crise en crise. »

Faisant fi des critiques sur les dysfonctionnements sur les tests, Boris Johnson a promis d’aller encore plus loin en déployant un « programme de dépistage massif », avec un objectif de 500 000 tests quotidiens d’ici fin octobre.

Plus de 900 000 décès

À l’échelle mondiale, la pandémie a tué plus de 900 000 personnes depuis l’apparition des premiers cas en Chine, en décembre, selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de source officielle mercredi. Au total, 900 052 décès ont été recensés dans le monde sur 27 711 866 cas déclarés. L’Amérique latine et les Caraïbes sont la région la plus touchée, avec 300 340 morts, devant l’Europe (219 616), et plus de la moitié des décès mondiaux de la COVID-19 ont été enregistrés dans quatre pays : les États-Unis (190 478), le Brésil (127 464), l’Inde (73 890) et le Mexique (68 484).

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