Le Royaume-Uni suspend son déconfinement

Manchester, dans le nord du pays, fait partie des villes touchées par les nouvelles restrictions annoncées jeudi.
Photo: Oli Scarff Agence France-Presse Manchester, dans le nord du pays, fait partie des villes touchées par les nouvelles restrictions annoncées jeudi.

Devant faire face à une hausse des cas de COVID-19, le gouvernement britannique a repoussé vendredi la prochaine étape du déconfinement et imposé de nouvelles restrictions à certaines régions du nord de l’Angleterre particulièrement touchées.

Avec près de 46 000 décès de personnes déclarées positives au virus, le Royaume-Uni affiche le plus lourd bilan en Europe. Le nombre d’admissions à l’hôpital et de morts continue de baisser, mais les contaminations repartent à la hausse pour la première fois depuis le mois de mai.

Critiqué pour avoir tardé à réagir au début de la pandémie, le gouvernement de Boris Johnson répète désormais vouloir réagir vite et a multiplié les annonces ces derniers jours, quitte à fâcher des vacanciers en rétablissant une quarantaine au retour d’Espagne ou à compliquer les règles en place en imposant des restrictions locales.

Vendredi, le premier ministre conservateur a repoussé d’au moins deux semaines les prochains assouplissements prévus samedi, expliquant « qu’il faut appuyer sur la pédale de frein pour garder le virus sous contrôle ».

Les casinos, salons de quilles, patinoires et salons de beauté devaient rouvrir samedi ainsi que les salles de spectacles. Les réceptions de mariage jusqu’à 30 personnes devaient aussi être de nouveau permises.

Le retour du public amorcé ces derniers jours dans les enceintes sportives, à l’occasion de matchs de cricket et des championnats du monde de snooker notamment, est lui aussi annulé.

Appliquée pour l’instant aux commerces, l’obligation de porter un masque sera également étendue à partir du 8 août aux musées, cinémas et lieux de culte.

« Je sais que les mesures que nous prenons seront un véritable coup dur pour beaucoup de gens, pour tous ceux dont les projets de mariage ont été perturbés ou qui ne peuvent pas maintenant célébrer l’Aïd comme ils le souhaiteraient », a reconnu Boris Johnson. « Et je suis vraiment, vraiment désolé, mais nous ne pouvons tout simplement pas prendre de risque. »

« On vient juste de dire à des dizaines de milliers de salariés qu’ils ne pourraient pas retourner travailler », a souligné l’opposition travailliste, appelant le gouvernement à prolonger l’indemnisation du chômage partiel.

« Limites » du déconfinement

Dans une étude hebdomadaire publiée vendredi, le Bureau national des statistiques (ONS) observe une hausse des contaminations, avec environ 4200 nouveaux cas par jour en Angleterre entre le 20 et le 26 juillet. L’estimation était de 2800 nouveaux cas quotidiens la semaine précédente.

« Ce que nous voyons […] c’est que nous avons probablement atteint les limites de ce que nous pouvons faire en termes d’ouverture de la société », a estimé le médecin-chef Chris Whitty.

Face à la recrudescence de cas de COVID-19, de nouvelles restrictions, annoncées jeudi soir, ont été imposées vendredi aux habitants de certaines régions du nord de l’Angleterre.

Les habitants du Grand Manchester, de certaines parties de l’East Lancashire et du West Yorkshire, soit environ quatre millions de personnes, ont désormais l’interdiction de rencontrer d’autres personnes à l’intérieur de leurs foyers ou dans leurs jardins.

À l’échelle planétaire, la pandémie poursuivait sa progression, vendredi. Le coronavirus a fait au moins 673 909 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles vendredi. Plus de 17 352 910 cas de contamination ont été officiellement diagnostiqués.

Les États-Unis restent le pays le plus endeuillé avec 152 070, suivis du Brésil (91 263), du Mexique (46 000), du Royaume-Uni (45 999) et de l’Inde (35 747).

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