Un bénévole admet avoir incendié la cathédrale de Nantes

L’édification de la cathédrale, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891). Son incendie a suscité une vive émotion chez les Nantais, étant survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris.
Photo: Service départemental d'incendie et de secours Loire-Atlantique via Associated Press L’édification de la cathédrale, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891). Son incendie a suscité une vive émotion chez les Nantais, étant survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris.

Une semaine après l’incendie dans la cathédrale de Nantes, dans l’ouest de la France, un bénévole rwandais du diocèse est passé aux aveux et a été placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche pour « destructions et dégradations par incendie ».

Le suspect, âgé de 39 ans, est « soulagé », « apeuré » et « dépassé », a déclaré dimanche son avocat, Quentin Chabert, aux journalistes.

« Il y a une sorte de soulagement, c’est quelqu’un qui est apeuré, il est en quelque sorte dépassé », a assuré Me Chabert.

Il est passé aux aveux samedi. Présenté à un juge, il a été mis en examen et placé en détention provisoire pour « destructions et dégradations par incendie ».

Chargé de fermer cet édifice la veille de l’incendie, l’homme « a reconnu, lors de l’interrogatoire de première comparution devant le juge d’instruction, avoir allumé les trois feux dans la cathédrale : sur le grand orgue, le petit orgue et dans un panneau électrique », avait précisé plus tôt le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, au quotidien Presse-Océan.

Le recteur de la cathédrale, le père Hubert Champenois, avait expliqué la semaine dernière que le bénévole était un « Rwandais, venu se réfugier en France il y a quelques années ».

Le bénévole est « servant d’autel » et il le connaissait « depuis quatre ou cinq ans ». « J’ai confiance en lui comme en tous les collaborateurs », avait-il expliqué à l’AFP.

L’incendie, survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris, a suscité une vive émotion chez les Nantais, dont certains ont conservé le souvenir d’un précédent incendie de leur cathédrale, le 28 janvier 1972.

L’édification de cet ouvrage, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891).

Le bénévole avait été placé en garde à vue le 18 juillet quelques heures après le sinistre, puis remis en liberté le lendemain soir. Les enquêteurs souhaitaient l’interroger, car aucune trace d’effraction n’avait été constatée.

Œuvres sauvées

L’enquête avait révélé l’existence de trois points de départ de feu distincts dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. « Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale. Ils sont quand même à une distance conséquente les uns des autres », avait relevé le procureur le jour de l’incendie.

L’alerte avait été donnée le 18 juillet vers 7 h 45 par des passants qui avaient vu des flammes sortant de l’édifice. Il avait fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire le feu, qui a notamment détruit un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe siècle et le grand orgue.

En dehors du grand orgue dont « très peu, voire pas du tout d’éléments » pourront être sauvés, selon Philippe Charron, le responsable du pôle patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles, « la plupart des œuvres ont été sauvées » et ont remisées, « notamment dans le château de Nantes ».

« On va compter en semaines la mise en sécurité du site, […] en mois l’investigation qui va se faire pierre par pierre » et, concernant la durée du chantier de reconstruction précédé d’une phase d’études, « là, l’unité sera plutôt l’année », a estimé M. Charron.

L’État « prendra toute sa part » dans la reconstruction, a promis le premier ministre, Jean Castex, qui était allé à Nantes féliciter les sapeurs-pompiers le jour de la tragédie.

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