Andrzej Duda en tête avant le second tour

Les Polonais se sont déplacés en masse aux bureaux de vote et le taux de participation était de 62,90%, selon un sondage IPSOS.
Photo: Wojtek Radwanski Agence France-Presse Les Polonais se sont déplacés en masse aux bureaux de vote et le taux de participation était de 62,90%, selon un sondage IPSOS.

Le chef de l’État polonais, le conservateur Andrzej Duda, candidat à sa réélection, est contraint à un second tour, le 12 juillet, par son rival libéral, Rafal Trzaskowski, et l’issue du premier tour de la présidentielle, dimanche.

« L’avance est énorme et je vous en suis reconnaissant », s’est félicité M. Duda, 48 ans, lors de sa soirée électorale à Lowicz dans le centre de la Pologne. Il a obtenu le soutien de 41,8 % de Polonais, alors que le maire de Varsovie a été appuyé par 30,4 % des électeurs, selon un sondage réalisé par l’institut IPSOS après la fermeture des bureaux de vote.

Pour le candidat libéral, le deuxième tour sera « un choix entre la Pologne ouverte […] et ceux qui cherchent tout le temps des conflits ». « Je serai le candidat du changement », a promis M. Trzaskowski, lui aussi âgé de 48 ans, dont le mot d’ordre est « On en a assez » et qui a bien des raisons d’espérer le soutien d’une bonne part des électeurs des autres candidats.

La campagne électorale a été dominée par des préoccupations concernant l’état de la démocratie et les questions sociales, alors que la Pologne fait face à sa première récession depuis la fin du communisme. Les Polonais se sont déplacés en masse aux bureaux de vote et le taux de participation était de 62,90 %, selon le même sondage.

 

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Réformes controversées

Duda est soutenu par le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir, considéré comme un allié clé du président américain, Donald Trump, alors que les partenaires européens de Varsovie critiquent ses réformes, estimant qu’elles érodent la démocratie, trois décennies à peine après la chute du communisme.

Une victoire de M. Trzaskowski porterait un dur coup au gouvernement du parti Droit et Justice, à l’origine d’une série de réformes controversées, notamment dans le domaine de la justice.

Kazimierz Kik, professeur en sciences politiques à l’Université de Kielce, estime que Duda avait « un plus grand potentiel » que Trzaskowski pour mobiliser les électeurs restés chez eux dimanche. Mais, selon le politologue Stanislaw Mocek, aussi président de l’Université Collegium Civitas à Varsovie, c’est Trzaskowski qui « a de bonnes chances de remporter » le second tour.

 
41,8 %
C’est la part des voix qu’a récoltée le président polonais, Andrzej Duda, lors du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche, selon un sondage mené à la sortie des urnes. Son rival, Rafal Trzaskowski, a amassé 30,4 % des suffrages.

M. Mocek a averti qu’« on risque une campagne brutale », notamment si Duda fait appel aux électeurs d’extrême droite, dont le candidat a aussi obtenu un bon résultat lors du vote de dimanche.

Selon une étude express réalisée après l’annonce du sondage à la sortie des urnes, et publié dimanche soir par la télévision TVN, Duda peut compter sur 45,5 % des voix, face à 44,7 % pour Trzaskowski, 9,9 % des Polonais restant indécis.

« C’est un moment décisif. Beaucoup dépendra vraiment de cette décision », a déclaré l’icône de la lutte anti-communiste Lech Walesa en votant à Gdansk, une visière en plastique transparent sur le visage. Walesa, qui avait été élu premier président démocratique de Pologne en 1990, est un critique acerbe du gouvernement actuel.

Droits et démocratie

« J’ai voté pour Trzaskowski, bien sûr ! Pourquoi ? Pour la démocratie, le pouvoir judiciaire et le respect des minorités », a déclaré à l’AFP Joanna Ugniewska, 66 ans, après avoir voté dans le centre-ville de Varsovie.

Mais à Tarnow, dans le sud de la Pologne, un bastion du PiS, Andrzej Guzik dit avoir voté pour Duda en raison de sa stature de président. « Personnellement, je ne vois que Duda comme président », a déclaré cet homme de 52 ans, employé de la compagnie de gaz d’État PGNIG.

Le gouvernement polonais a mis en place ces dernières années une série de prestations sociales populaires que Trzaskowski s’est engagé à conserver en cas de victoire.

Une réélection de Duda devrait cimenter l’emprise du parti au pouvoir — au moins jusqu’aux prochaines législatives, en 2023. Mais sa défaite pourrait voir son influence s’effriter et déclencher des élections anticipées.

Pendant la campagne, M. Duda a attisé la controverse en appuyant les attaques du PiS contre les droits des homosexuels et les valeurs occidentales. Il a comparé « l’idéologie » LGBTQ à une nouvelle forme de communisme.

M. Trzaskowski, lui, défend les droits des homosexuels et s’est dit ouvert à l’idée de partenariats civils entre personnes de même sexe.

 

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