Racisme: la France n’effacera pas une partie de son histoire, dit Macron

Les manifestations accusant la police française de racisme et de violence, et dénonçant plus largement le racisme dans en France se multiplient.
Photo: Clément Mahoudeau Agence France-Presse Les manifestations accusant la police française de racisme et de violence, et dénonçant plus largement le racisme dans en France se multiplient.

La France se montrera « intraitable » face au racisme, mais « n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire », et « ne déboulonnera pas de statue », a déclaré dimanche le président français, Emmanuel Macron, après une série de manifestations en France inspirées par les protestations aux États-Unis où des manifestants ont détruit des monuments jugés racistes.

« Nous serons intraitables face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations » a déclaré le président français, « mais ce combat noble est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé » et un « combat inacceptable quand il est récupéré par les séparatismes ».

« La République ne déboulonnera pas de statue », a-t-il martelé

« Nous devons plutôt regarder ensemble toute notre histoire », a déclaré le président français lors d’une allocution solennelle initialement consacrée à la lutte contre le coronavirus. Et « en aucun cas nier ce que nous sommes », a-t-il ajouté.

Depuis le début du mouvement de protestation aux États-Unis provoqué par la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc lors de son interpellation le 25 mai, des manifestations ont fait florès en France, accusant la police française de racisme et de violence, et dénonçant plus largement le racisme dans le pays.

Tout en reconnaissant qu’il existait des discriminations racistes dans le pays, il a mis en garde contre une contagion en provenance des États-Unis, où les manifestations sont accompagnées de la destruction de statues et la remise en cause d’œuvres artistiques anciennes que les manifestants jugent offensantes et racistes.

« Nous sommes une Nation où chacun, quelles que soient ses origines, sa religion doit trouver sa place. Est-ce vrai partout et pour tout le monde ? Non », a reconnu le président français.

« Notre combat doit donc se poursuivre, s’intensifier pour permettre d’obtenir les diplômes et les emplois qui correspondent aux mérites et talents de chacun et lutter contre le fait que le nom, l’adresse, la couleur de peau réduisent encore trop souvent l’égalité des chances que chacun doit avoir », a-t-il déclaré.