L’Europe appelée à rouvrir ses frontières intérieures

L'Italie a rouvert ses frontières la semaine dernière, notamment celle avec la France (sur la photo).
Photo: Valery Hache Agence France-Presse L'Italie a rouvert ses frontières la semaine dernière, notamment celle avec la France (sur la photo).

La Commission européenne a recommandé jeudi la réouverture dès le 15 juin des frontières intérieures de l’UE, où les contaminations sont en chute libre, alors que la pandémie de coronavirus a franchi de nouveaux seuils sur le continent américain.

Dans le monde, la COVID-19 a fait plus de 416 morts, et infecté près de 7,4 millions de personnes. Des chiffres officiels sans doute inférieurs à la réalité, selon la communauté scientifique.

Les États-Unis sont le pays le plus touché, avec 112 décès. Suivent le Royaume-Uni avec 41 morts, le Brésil (39 680), l’Italie (34 114) et la France (29 319).

Mais en Europe, où les nouvelles hospitalisations et les chiffres des décès sont en chute libre, Bruxelles a préconisé la levée de toutes les restrictions de voyage au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen dès le 15 juin, et la réouverture des frontières extérieures de l’UE dès le 1er juillet aux voyageurs des Balkans occidentaux.

La Commission s’est aussi prononcée pour une réouverture « partielle et progressive » des frontières extérieures de l’UE et de l’espace Schengen après le 30 juin.

Le dernier mot sur les frontières appartient toutefois aux États, la Commission ne pouvant faire que des recommandations.

Minute de silence

Le déconfinement se poursuit sur le Vieux Continent. En Espagne, un des pays les plus touchés par la pandémie (plus de 27 morts), le Championnat de football reprend jeudi, après trois mois d’interruption, avec un derby de Séville à huis clos, dans un contexte de haute vigilance sanitaire.

Une minute de silence sera observée avant les coups d’envoi de cette 28e journée de championnat, en hommage aux victimes de l’épidémie.

Et après avoir été arrêté durant la crise sanitaire, le célèbre jet d’eau de Genève, haut de 140 mètres et emblème de la ville, à l’arrêt depuis le 20 mars, va être remis jeudi après-midi en marche.

Mais après la Chine et l’Europe, c’est l’Amérique qui est le nouvel épicentre de la pandémie : le virus déjà fait soixante-dix mille morts en Amérique latine et aux Caraïbes, dont près de 40 000 au Brésil.

Les États-Unis sont le pays le plus touché, et de loin : ils ont passé dans la nuit de mercredi à jeudi le cap des 2 millions de personnes infectées. Le pays continue à enregistrer autour de 20 nouveaux cas de coronavirus chaque jour, et peine à redescendre de ce plateau.

Les plages de Miami ont néanmoins rouvert mercredi après près de trois mois de fermeture. Mais il faudra du temps avant que ne reviennent les sept millions de touristes que Miami Beach recevait chaque année.

« Nous nous préparons au pire »

Les perspectives sont aussi sombres en Inde où des médecins épuisés craignent que la crise sanitaire ne fasse que commencer.

« Nous ne savons pas quand le pic interviendra », déclare à l’AFP le docteur Deven Juneja au Max Smart Super Speciality Hospital, à New Delhi. » Nous espérons tous le meilleur, mais nous nous préparons mentalement et physiquement au pire ».

Le pays a enclenché son déconfinement, mais 10 nouveaux cas sont encore confirmés chaque jour, avec au total jusqu’ici plus de 275.0000 infections.

Plus globalement, l’économie américaine va connaître une récession de 6,5 % cette année, selon les nouvelles estimations de la Banque centrale (Fed) publiées mercredi.

Au niveau mondial, la récession sera d’au moins 6 %, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Dans une note publiée jeudi, l’OCDE estime par ailleurs que cette récession pourrait durablement chambouler les parcours migratoires, en mettant notamment un coup d’arrêt à l’immigration économique vers les pays riches où les demandes d’asile devraient en revanche s’intensifier.

Essor des petits boulots

La crise sanitaire a mis au chômage des millions de personnes et les annonces de suppressions d’emplois se poursuivent.

Jeudi, le groupe aérien allemand Lufthansa a annoncé son intention de supprimer 22 postes dans le monde, soit 16 % de son effectif. Le fournisseur d’énergie britannique Centrica a lui annoncé vouloir supprimer 5000 emplois.

Si la Chine, premier pays touché, se remet progressivement de l’épidémie, des millions de personnes ont perdu leur emploi et pour joindre les deux bouts, les plus vulnérables s’improvisent vendeurs de rue, proposant des plats préparés, des sous-vêtements, des jouets, ou même… des petits lapins vivants.

À l’image de Wang Zhipin, 72 ans, installé dans un passage souterrain de Pékin et qui cherche désespérément des clients pour ses chaussettes.

« Les affaires ne sont pas très bonnes », peste le vieil homme, ancien agent d’entretien originaire de la province centrale du Henan. » Je n’ai pas d’autre source de revenus et ma santé est trop mauvaise pour continuer à nettoyer par terre ».

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