Les appels fusent pour accélérer le déconfinement

Les cafés, bars et restaurants de l’Île-de-France doivent rouvrir puisque, «limités aux seules terrasses», ils ne sont pas rentables, fait valoir le principal syndicat de l’hôtellerie-restauration.
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse Les cafés, bars et restaurants de l’Île-de-France doivent rouvrir puisque, «limités aux seules terrasses», ils ne sont pas rentables, fait valoir le principal syndicat de l’hôtellerie-restauration.

Le président Emmanuel Macron s’adressera aux Français dimanche soir, à l’approche d’une nouvelle étape du déconfinement prévue pour le 22 juin, et au moment où les appels à accélérer le processus se multiplient dans le pays.

L’allocution présidentielle télévisée, annoncée par l’Élysée, interviendra deux jours après la tenue d’une réunion du conseil scientifique, puis d’un conseil de défense sur les questions sanitaires.

Selon un cadre de la majorité, le chef de l’État, qui s’est mis en retrait ces dernières semaines et a laissé son premier ministre Édouard Philippe en première ligne, pourrait notamment évoquer le plan de relance économique qui doit être mis en branle à la rentrée.

Le déconfinement en France, où l’épidémie de COVID-19 a fait près de 30 000 morts, a commencé le 11 mai après près de 2 mois de mise à l’arrêt total, et a été étendu début juin.

La troisième étape est prévue le 22 juin et doit permettre la réouverture complète des bars et des restaurants, ainsi que l’ouverture des cinémas et des salles de spectacles dans les zones orange : la région parisienne (Île-de-France) et, outremer, la Guyane et Mayotte.

 

Révision des protocoles

Face à une situation sanitaire qui s’améliore de façon continue et à une épidémie désormais considérée comme « maîtrisée », de nombreux responsables politiques et patronaux appellent depuis plusieurs jours à accélérer le processus de déconfinement.

Le patronat réclame notamment la révision des protocoles sanitaires dans les entreprises afin de permettre un « retour à la normale » rapide.

Lundi, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, principal syndicat du secteur de l’hôtellerie-restauration, a demandé que cafés, bars et restaurants de l’Île-de-France, de Guyane et de Mayotte puissent « rouvrir rapidement », jugeant que leur exploitation, « limitée aux seules terrasses », n’était « pas rentable ».

Plusieurs responsables politiques, dont la mairesse socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et des responsables de la droite, réclament du « pragmatisme » et mettent en garde contre un « décrochage économique » accentué par la « lenteur du déconfinement ».

Le gouvernement va poursuivre le déconfinement « avec beaucoup de prudence et de sérieux », car le coronavirus « circule toujours » en France, a répondu mercredi la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, sans exclure cependant des assouplissements avant le 22 juin. Deux conseils de défense consacrés à la question sanitaire se tiendront vendredi et la semaine prochaine, a-t-elle souligné.

Mardi, le secrétaire d’État responsable du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, avait indiqué que les restaurants de l’Île-de-France pourraient rouvrir « un peu plus tôt que le 22 juin » si la situation sanitaire évoluait favorablement.

Autre sujet brûlant, l’école, tout autant pour permettre à des parents de reprendre le travail que pour des raisons éducatives. Or, selon les derniers chiffres du ministère, seulement 1,8 million d’écoliers — sur un total de 6,7 millions — sont retournés à l’école, et rarement à temps complet.

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