L’UE doit se préparer à une prochaine pandémie

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a mis en garde mardi contre une «crise alimentaire mondiale» aux répercussions à long terme pour «des centaines de millions d’enfants et d’adultes» si rien n’est fait pour atténuer les conséquences de la pandémie actuelle.
Photo: Rijasolo Agence France-Presse Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a mis en garde mardi contre une «crise alimentaire mondiale» aux répercussions à long terme pour «des centaines de millions d’enfants et d’adultes» si rien n’est fait pour atténuer les conséquences de la pandémie actuelle.

Plusieurs dirigeants européens, dont le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel, estimant que l’Union européenne (UE) n’avait pas été à la hauteur en ce qui concerne la COVID-19, ont demandé mardi à l’UE que soient étudiés les moyens de mieux se préparer à la prochaine pandémie.

La réponse chaotique face au nouveau coronavirus, qui a officiellement fait 184 256 dans l’UE, a « soulevé des questions » sur le niveau de préparation, et souligné le besoin d’une approche à l’échelle de l’Europe, singulièrement alors qu’il est question d’une deuxième vague de la pandémie, analysent-ils dans une lettre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui accompagne un document d’orientation.

« Nous espérons que le document pourra servir d’inspiration à de futures discussions fructueuses au niveau européen pour s’assurer que l’UE est préparée à de futures pandémies », écrivent-ils.

Avec M. Macron et Mme Merkel, le Polonais Mateusz Morawiecki, l’Espagnol Pedro Sanchez, la Belge Sophie Wilmes et la Danoise Mette Frederiksen ont signé cette lettre.

Le texte souligne le manque de matériel médical auquel ont été confrontés les Européens. « Comprendre les insuffisances est essentiel », insistent les signataires.

Ils demandent aussi une meilleure coordination de la collecte et du traitement des données, afin que les chiffres soient comparables d’un État à l’autre.

Les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres de l’UE doivent tenir le 19 juin une réunion virtuelle pour discuter des suites de la pandémie.

 
184 256
C’est le nombre officiel de victimes du nouveau coronavirus dans l’Union européenne.

Du côté de l’ONU

En attendant une éventuelle deuxième pandémie, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a mis en garde mardi contre une « crise alimentaire mondiale » aux répercussions à long terme pour « des centaines de millions d’enfants et d’adultes » si rien n’est fait pour atténuer les conséquences de la pandémie actuelle.

« Nos systèmes alimentaires ne fonctionnent plus et la pandémie du COVID-19 aggrave la situation », estime-t-il dans un communiqué accompagnant une étude onusienne, en rappelant qu’aujourd’hui « plus de 820 millions de personnes ne mangent pas à leur faim ».

« Quelque 144 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance, soit plus d’un enfant sur cinq dans le monde. Cette année, 49 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber dans l’extrême pauvreté à cause de la crise » provoquée par la pandémie, avertit-il.

« Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire grave ou souffrant de malnutrition sévère va rapidement augmenter », prédit le secrétaire général en demandant une mobilisation « en priorité là où le risque est le plus aigu ».

António Guterres réclame notamment une protection pour les travailleurs du secteur alimentaire, de préserver l’aide humanitaire, et de renforcer le soutien à l’industrie alimentaire et aux échanges commerciaux pour éviter l’interruption des chaînes de distribution.

Il demande aussi de mettre l’accent sur les programmes nutritionnels, notamment en instaurant des aides pour les enfants qui n’ont plus accès aux repas scolaires.

Pour le chef de l’ONU, il est possible de développer les aliments sains et nutritifs pour éradiquer la faim dans le monde. En avril, l’ONU avait déjà alerté sur un risque d’explosion du nombre de personnes souffrant sévèrement de la faim en raison de la pandémie.

Les voyages hors d’Europe

Pour sa part, le gouvernement allemand veut prolonger jusqu’au 31 août l’avertissement sur les voyages touristiques pour plus de 160 pays hors de l’Union européenne, affirment plusieurs médias allemands mardi.

Le gouvernement doit officialiser sa position mercredi lors du conseil des ministres, avance l’agence de presse allemande DPA, ainsi que le Spiegel.

Des exceptions seront toutefois faites individuellement pour des pays qui remplissent certains critères, comme l’évolution des taux d’infection, l’efficacité des systèmes de santé, les capacités de dépistage, les règles d’hygiène ou encore les restrictions d’entrée.

Le 17 mars dernier, le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, avait publié un avertissement aux voyageurs pour l’ensemble des quelque 200 pays du monde, à la suite de l’apparition de la pandémie du nouveau coronavirus, une mesure sans précédent.

Ces « mises en garde », généralement réservées aux pays en guerre ou politiquement instables, avaient pour objectif de ralentir la propagation de l a COVID-19.

Une décision de l’Union européenne à ce sujet est également attendue dans la semaine.

Toutefois, le 3 juin, Berlin avait, à quelques semaines des vacances d’été, décidé de lever à partir du 15 juin ses mises en garde sur les voyages touristiques en Europe ainsi que pour le Royaume-Uni, l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein.

Pour l’Espagne et la Norvège, ces mises en garde vont se poursuivre après le 15 juin, ces pays ayant décidé eux-mêmes de poursuivre leurs restrictions à l’encontre des voyageurs entrant sur leur territoire.

Les déplacements étaient de toute façon très compliqués en raison de la quasi-paralysie de la flotte aérienne mondiale, du renforcement des contrôles aux frontières et de l’obligation faite aux voyageurs de rester deux semaines en quarantaine à leur arrivée.

Parmi les pays particulièrement touchés hors de l’Union européenne se trouve notamment la Turquie, troisième destination de vacances privilégiée des Allemands.

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