La recherche de contacts récents des malades va de l’avant en Europe

En France, une application pour téléphone intelligent alertera tous les utilisateurs qui ont eu un «contact prolongé» récent avec une personne infectée. Une application similaire est actuellement testée au Royaume-Uni.
Photo: Philippe Lopez Agence France-Presse En France, une application pour téléphone intelligent alertera tous les utilisateurs qui ont eu un «contact prolongé» récent avec une personne infectée. Une application similaire est actuellement testée au Royaume-Uni.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé mercredi le lancement en Angleterre d’un système recherchant les contacts récents des malades du nouveau coronavirus, afin d’accompagner un déconfinement progressif.

Dès jeudi, toute personne déclarée positive au nouveau coronavirus devra communiquer ses interactions récentes à des équipes spécialisées du service public de santé (NHS). Les personnes entrées en contact avec un cas positif devront s’isoler durant 14 jours, qu’elles présentent ou pas des symptômes.

Ces contacts incluent, selon le gouvernement, « des membres du ménage, des personnes avec lesquelles » le malade « a eu un contact direct ou avec lesquelles il s’est trouvé pendant plus de 15 minutes à une distance inférieure à deux mètres ».

Quelque 25 000 « traceurs » ont été embauchés pour retracer les contacts de 10 000 malades par jour, une capacité qui pourra être augmentée si nécessaire, afin de contrôler la propagation du virus.

L’Irlande du Nord dispose déjà d’un système de recherche de contacts similaire. L’Écosse et le Pays de Galles vont également lancer chacun le leur.

Le dispositif s’appuiera également à terme sur une application, actuellement testée sur l’île anglaise de Wight et dont le déploiement au niveau national est prévu dans les prochaines semaines. Aucune précision n’a été donnée dans l’immédiat sur l’utilisation de cette application.

La recherche des contacts « est l’outil que d’autres pays ont utilisé pour ouvrir la prison [du confinement], pour garantir que nous puissions aller de l’avant », a déclaré Boris Johnson.

Ce dispositif, au cœur de la stratégie de l’exécutif britannique pour assouplir le confinement en vigueur depuis plus de deux mois, prévoit aussi que toute personne symptomatique pourra désormais être testée, a précisé le ministre de la Santé, Matt Hancock, lors d’une conférence de presse.

« Nous pouvons commencer à remplacer le confinement national par des isolements individuels pour ceux qui ont été en contact avec le virus et des actions locales où elles sont nécessaires », a expliqué le ministre.

Critiqué pour sa gestion de la pandémie, la lenteur à augmenter les capacités de dépistage et le manque d’équipements de protection pour les soignants, Boris Johnson a promis que le Royaume-Uni disposerait d’ici au 1er juin d’un système de recherche de contacts efficace.

Après avoir péniblement atteint l’objectif d’une capacité de 100 000 dépistages quotidiens fin avril, désormais portée à 161 000 selon M. Hancock, le gouvernement vise désormais 200 000 tests par jour d’ici la fin mai.

Les députés français en faveur

Par ailleurs, les députés français ont voté mercredi pour le déploiement de StopCovid, application pour téléphone intelligent censée aider à lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus en recherchant les « cas contacts », mais qui suscite des inquiétudes concernant les libertés individuelles.

Installée sur la seule base du volontariat, cette application alertera automatiquement tous les utilisateurs ayant eu un « contact prolongé » récent avec une personne déclarée positive au virus, à moins d’un mètre et durant plus de quinze minutes, afin qu’ils se fassent tester à leur tour.

Elle utilise la technologie Bluetooth du téléphone — qui permet aux appareils électroniques de dialoguer à courte distance —, et non la géolocalisation.

« Sous réserve du vote au Parlement, l’application pourra être disponible dès ce week-end », afin d’accompagner la deuxième phase du déconfinement en France le 2 juin, a indiqué le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O.

Mardi, la Commission nationale française informatique et libertés (CNIL) a donné son feu vert. Elle estime que StopCovid respecte la législation relative à la vie privée, tout en réclamant une évaluation régulière et une information détaillée pour les utilisateurs.

Dans l’opposition, la droite française est partagée sur cette application : « massivement contre » à l’Assemblée, mais plutôt pour au Sénat. À gauche, les différents groupes parlementaires s’y opposent.

Plusieurs organisations de défense des libertés en France ont aussi pris position contre l’application.

Les États-Unis franchissent la barre des 100 000 décès

NEW YORK — Les États-Unis ont franchi mercredi le seuil des 100 000 décès liés au coronavirus, un chiffre qui atteste de l’ampleur de la tragédie dans la pays. Le premier mort de la COVID-19 aux États-Unis avait été annoncé fin février. Le pays enregistre désormais plus de 100 271 morts et près de 1,7 million de cas, selon le comptage de l’Université Johns Hopkins, qui fait référence. Le nombre réel des décès et des contaminations est toutefois nettement plus élevé, selon les experts. Rapporté à ses près de 330 millions d’habitants, le bilan américain est inférieur à celui de plusieurs pays européens. À travers le monde, la barre des 350 000 morts a été franchie mercredi, dont plus des trois quarts en Europe et aux États-Unis.

Agence France-Presse

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