Pas encore de vaccin pour le coronavirus, mais déjà une polémique

<p>Sanofi a prévenu qu’il réserverait probablement aux États-Unis la primeur d’un éventuel vaccin contre le nouveau coronavirus, car les autorités américaines ont investi dans son développement.</p>
Photo: Andrew Caballero-Reynolds Agence France-Presse

Sanofi a prévenu qu’il réserverait probablement aux États-Unis la primeur d’un éventuel vaccin contre le nouveau coronavirus, car les autorités américaines ont investi dans son développement.

En évoquant la perspective de réserver aux États-Unis la primeur d’un éventuel vaccin contre la COVID-19 parce qu’ils collaborent à son développement, Sanofi a provoqué une levée de boucliers dans le monde, de nombreux dirigeants et organisations appelant à un accès « équitable et universel ». Le laboratoire français, l’un des plus grands spécialistes de vaccins du monde, collabore depuis la mi-février avec l’Autorité pour la recherche-développement avancée dans le domaine biomédical (BARDA), qui dépend du ministère américain de la Santé et qui a apporté 30 millions de dollars.

Conséquence de cette prise de risque financière, les États-Unis auront « le droit aux plus grosses précommandes » et pourront ainsi bénéficier d’une avance de plusieurs jours ou semaines sur le reste du monde, a affirmé mercredi le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, dans un entretien à l’agence Bloomberg.

Un tel vaccin « doit être un bien d’utilité publique et son accès doit être équitable et universel », a déclaré jeudi la Commission européenne, qui a organisé début mai un téléthon mondial pour financer la recherche d’un vaccin, lequel a permis de rassembler 7,4 milliards d’euros. Le gouvernement américain n’a pas, pour sa part, participé à cette collecte de fonds, préférant faire cavalier seul.

Face à la levée de boucliers, le géant pharmaceutique assure qu’il n’y a pas à craindre que certains pays soient privés d’un tel traitement. De fait, le monde « ne sera pas démuni » si un laboratoire comme Sanofi trouve un vaccin, a dit le virologue Bruno Lina, membre du conseil scientifique français, tout en regrettant de devoir systématiquement accéder à une « préférence nationale » aux États-Unis.

Aux États-Unis, la BARDA « se mobilise rapidement » et « travaille tôt avec les industriels » pour « s’assurer que les capacités de production soient en place et les risques, partagés », a affirmé jeudi Paul Hudson lors d’une conférence organisée par le Financial Times. « C’est un modèle rodé, mais [qui] n’existe pas en Europe », où « la prochaine étape sera [d’élaborer] l’instrument pour garantir que nous serons capables d’assurer la production en Europe et dans le reste du monde », a-t-il ajouté.

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C’est, en millions de dollars américains, la somme avancée à Sanofi par la BARDA,
dépendant du ministère américain de la Santé, pour développer un vaccin. La Commission européenne avait, elle, organisé un téléthon mondial pour financer la recherche d’un vaccin, lequel a permis de rassembler 7,4 milliards d’euros.

« L’objectif, c’est que le vaccin soit disponible à la fois aux États-Unis, en France et ailleurs en Europe de la même manière », a promis le patron du groupe pour la France, Olivier Bogillot, dans un entretien à la chaîne BFMTV. « Les Américains sont efficaces en cette période. Il faut que l’UE soit aussi efficace en nous aidant à mettre à disposition très vite ce vaccin », a affirmé M. Bogillot, rapportant être en « pourparlers » avec les autorités européennes ainsi qu’avec des pays comme la France et l’Allemagne.

Sanofi table sur un vaccin prêt d’ici 18 à 24 mois. En temps normal, « développer un vaccin, ça prend 10 ans […] On essaie d’accélérer toutes les phases », a dit le responsable de Sanofi. L’autorité européenne du secteur, l’Agence européenne des médicaments, a, elle, évoqué jeudi un possible vaccin d’ici un an, mais a prévenu qu’il s’agissait du scénario le plus optimiste.

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