Prudente réouverture en Russie

À Moscou, le principal foyer de l’épidémie en Russie, un confinement quasi-général reste en vigueur et le port du masque et des gants de protection a été rendu obligatoire.
Photo: Kirill Kudryavtsev Agence France-Presse À Moscou, le principal foyer de l’épidémie en Russie, un confinement quasi-général reste en vigueur et le port du masque et des gants de protection a été rendu obligatoire.

La Russie, où le porte-parole de Vladimir Poutine a été à son tour déclaré positif au nouveau coronavirus, est devenue mardi le deuxième pays au monde en nombre de cas, mais elle a néanmoins entamé mardi un prudent déconfinement.

Se fiant à la faible mortalité officiellement enregistrée à travers le pays, plusieurs régions russes, moins affectées, ont pu rouvrir certains commerces comme les salons de beauté. La plupart des lieux publics demeurent cependant fermés, restaurants compris, tandis que les rassemblements sont interdits jusqu’à nouvel ordre.

Ainsi, au Bachkortostan, le dirigeant régional Radi Khabirov a annoncé la réouverture diurne « des rives, des quais et des parcs ». Magadan, en Extrême-Orient, a pour sa part autorisé les activités sportives individuelles en extérieur. Mais à Moscou, principal foyer de l’épidémie, un confinement quasi général reste en vigueur. Le port du masque et des gants de protection a été rendu obligatoire dans les transports publics et les supermarchés.

Avec 232 243 cas depuis le début de l’épidémie, dont 10 899 annoncés mardi, la Russie est désormais 2e au monde en termes de contaminations, loin derrière les États-Unis, mais devant l’Espagne et le Royaume-Uni.

Depuis le début du mois de mai, ce sont plus de 10 000 cas qui sont recensés quotidiennement, une évolution que les autorités expliquent par un dépistage massif, avec 5,8 millions de tests, d’après le comptage du jour.

Nous ne manipulons pas les statistiques officielles

Contamination symbolique, le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a annoncé être malade de la COVID-19, mais ne pas avoir eu de contact avec le président depuis plus d’un mois. Avant lui, le premier ministre Mikhaïl Michoustine avait annoncé son hospitalisation le 30 avril. Deux autres ministres ont aussi été contaminés.

Rapporté au nombre des cas, celui des morts, 2116, demeure cependant faible, loin des niveaux rencontrés en Italie, en France et même en Allemagne, pays cité en exemple pour sa gestion de la crise.

Atteinte par l’épidémie après l’Europe occidentale, la Russie assure que si la mortalité est inférieure, c’est qu’outre le dépistage, elle a ordonné dès mars le confinement des voyageurs en provenance de pays touchés ainsi que des populations à risque.

 

Des critiques jugent néanmoins que la mort de plusieurs milliers de personnes n’a pas été prise en compte, soupçonnant les autorités d’attribuer à d’autres pathologies des décès de malades de la COVID-19.

« Nous ne manipulons pas les statistiques officielles », a répliqué la vice-première ministre responsable du dossier, Tatiana Golikova.

Dans ce contexte, Vladimir Poutine a ordonné un déconfinement régionalisé, « pas à pas » en fonction de la situation épidémiologique. Il a mis fin à une période chômée rémunérée nationale instaurée fin mars.

Le président a également appelé à la relance de la machine économique qui a souffert du confinement, mais aussi de la chute des prix du pétrole.

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