La pandémie, nouveau coup de boutoir pour la presse britannique

Selon des analystes du secteur, jusqu’à 5000 emplois sont menacés, principalement dans le secteur de la presse écrite.
Photo: Paul Ellis Agence France-Presse Selon des analystes du secteur, jusqu’à 5000 emplois sont menacés, principalement dans le secteur de la presse écrite.

Très affaiblis par la crise découlant de la pandémie de COVID-19, les médias du Royaume-Uni craignent une nouvelle hécatombe au sein de sa foisonnante presse écrite locale, certains appelant l’État à ponctionner les géants du numérique pour les aider.

Les institutions bien établies, comme la BBC, ont vu leur audience exploser devant la quête d’une information fiable face aux nombreuses fausses informations circulant depuis le début de la crise sanitaire.

Toutefois, il s’agit en réalité « d’une bien faible lueur d’espoir au sein d’un horrible nuage noir », selon le directeur de la Société des rédacteurs en chef, Ian Murray.

La réalité est tout autre pour la plupart des médias : la crise risque d’en achever beaucoup, déjà mal en point depuis des années, surtout au sein de la foisonnante presse locale britannique.

Entre 2005 et 2018, 250 titres locaux avaient ainsi déjà fermé leurs portes. Et depuis le début de la crise actuelle, plus de 2000 personnes, principalement du personnel non rédactionnel, ont été licenciées dans 500 titres différents, a affirmé Press Gazett, un magazine spécialisé sur la profession.

 

En cause ? La chute des ventes physiques due au confinement et un marché publicitaire en berne. Selon le cabinet d’études sur les médias Enders Analysis, les tirages pourraient être réduits de moitié cette année et les revenus publicitaires, de presque un tiers, ce qui représente 330 millions de livres (plus de 576 millions $CA).

Certaines entreprises prévoient des pertes de revenus de l’ordre de plusieurs millions de livres et ont d’ores et déjà réduit les salaires, demandant parfois à leur personnel de travailler moins d’heures ou de prendre des congés sans solde. D’autres ont annoncé des fusions ou averti qu’elles pourraient fermer complètement.

Selon des analystes du secteur, jusqu’à 5000 emplois sont menacés.

Le ministre de la Culture britannique, Olivier Dowden, a évalué les pertes subies par le secteur à 50 millions de livres (87,3 millions $CA) pendant la pandémie, d’autant plus que certains grands titres ont ouvert en accès libre tous les contenus liés à la COVID-19.

La crise ne s’arrêtera pas avec la fin du confinement, selon l’ancien rédacteur en chef du Daily Mirror, Roy Greenslade, malgré les efforts et stratégies futurs pour recentrer les activités des rédactions.

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