En Pologne, le parlement écarte provisoirement un durcissement de la loi anti-avortement

Une manifestation a réuni jeudi à proximité du parlement plusieurs dizaines de personnes.
Photo: Wojtek Radwanski Agence France-Presse Une manifestation a réuni jeudi à proximité du parlement plusieurs dizaines de personnes.

Le parlement polonais, dominé par les conservateurs nationalistes de Droit et Justice (PiS), a écarté jeudi provisoirement la possibilité de durcir encore l’interdiction de l’avortement et a renvoyé en commission la proposition de loi à cet effet.

365 députés polonais ont voté contre le passage immédiat au vote de cette proposition présentée par le comité « Stop Avortement », animé par la militante pro-vie proche de l’extrême droite Kaja Godek, qui a recueilli, selon lui, l’appui de quelque 830 000 signataires. 65 parlementaires étaient pour.

Le président Andrzej Duda, qui brigue son deuxième mandat lors de l’élection prévue le 10 mai, a déclaré récemment que si ce projet était adopté par le parlement il le signerait « certainement ».

Le texte vise à interdire l’un des cas d’avortement encore légalement autorisés, à savoir celui des graves malformations de l’embryon. Pour ses partisans, il a pour but d’empêcher l’IVG lorsque des examens prénataux révèlent que l’enfant à naître risque d’être trisomique. S’il est adopté, ne resteront autorisés que les avortements en cas de danger de mort pour la femme enceinte et en cas de grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

Une manifestation organisée contre ce projet par le mouvement « Grève nationale des femmes » a réuni jeudi à proximité du parlement plusieurs dizaines de personnes.

Pour échapper aux amendes pour non-respect de l’interdiction de rassemblement, elles ont formé une longue file d’attente devant une épicerie en affichant des banderoles et des panneaux avec leurs slogans : « Grève des personnes avec un utérus », « Mon vagin c’est mon affaire », « Rejeter le projet de Godek » ou encore « Bas les pattes de mon corps ».

Le parlement a renvoyé en commission également deux autres textes controversés.

L’un impose des peines de prison pour la propagation publique des rapports sexuels entre mineurs. Il est considéré par ses critiques comme visant à interdire les cours d’éducation sexuelle dans les écoles.

L’autre est destiné à bloquer d’éventuelles revendications des milieux juifs concernant des biens restés sans successeur connu en Pologne à l’issue de la Deuxième guerre mondiale et de l’extermination de la grande majorité des juifs polonais par les nazis allemands.

Cette dernière proposition de loi d’initiative citoyenne a été lancée en réaction à l’appui offert en 2017 à ces revendications par le Congrès américain, dans sa loi 447 JUST.