La pollution de l’air baisse dans des grandes villes d’Europe confinées

Le NO<sub>2</sub>, gaz entraînant une inflammation importante des voies respiratoires, est un polluant avec une durée de vie courte, ce qui en fait un bon indicateur de l’intensité des activités humaines.
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse Le NO2, gaz entraînant une inflammation importante des voies respiratoires, est un polluant avec une durée de vie courte, ce qui en fait un bon indicateur de l’intensité des activités humaines.

Les concentrations de dioxyde d’azote (NO2), produit principalement par les véhicules et les centrales thermiques, ont chuté de 54 % à Paris et d’environ 45 % à Madrid, Milan et Rome pendant le confinement, selon des cartes publiées jeudi par l’Agence spatiale européenne.

Du 13 mars au 13 avril 2020, les concentrations de NO2 ont reculé de 54 % dans la capitale française, de 49 % à Rome, de 48 % à Madrid et de 47 % à Milan, selon l’ASE, comparé aux moyennes enregistrées en mars / avril 2019. Ces données comportent une marge d’erreur de plus ou moins 15 %.

Ces fortes baisses « coïncident avec les mesures de quarantaine strictes mises en place à travers l’Europe », selon un communiqué.

« Cette réduction est remarquable », relève Simonetta Cheli, experte de l’Agence spatiale européenne.

L’agence s’est concentrée dans un premier temps sur ces villes grâce à des données satellites « sans nuages et en général avec des impacts climatiques moins importants » que dans d’autres régions qui peuvent avoir un impact sur les mesures de NO2.

Le NO2, gaz entraînant une inflammation importante des voies respiratoires, est un polluant avec une durée de vie courte, ce qui en fait un bon indicateur de l’intensité des activités humaines.

Ces cartes s’appuient sur les travaux de l’Institut météorologique royal des Pays-Bas, qui prévoit de publier d’autres données concernant des pays d’Europe du Nord.

« Nous ne sommes pas certains que cela évoluera de la même manière dans les pays du Nord où le confinement a été géré différemment qu’en France, en Espagne et en Italie », indique Simonetta Cheli. « Les nuages et la météo peuvent aussi avoir un fort impact sur les mesures », ajoute-t-elle.

Selon le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement sur la qualité de l’air de 2019, le dioxyde d’azote (NO2) est responsable de 68 000 décès prématurés par an dans l’Union européenne, dont 7500 en France.

La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 140 000 morts dans le monde, dont près des deux tiers en Europe, depuis son apparition en Chine en décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi à 18 h GMT.

Au total, 140 902 décès ont été recensés dans le monde (pour 2 125 041 cas), dont 92 900 en Europe (1 082 135 cas), continent le plus touché. Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (31 590), devant l’Italie (22 170), l’Espagne (19 130), la France (17 920) et le Royaume-Uni (13 729).