Pèlerinage de Pâques inédit à Lourdes, sans fidèles

Le Sanctuaire de Lourdes est fermé depuis le 17 mars et pour une durée indéterminée.
Photo: Laurent Dard Agence France-Presse Le Sanctuaire de Lourdes est fermé depuis le 17 mars et pour une durée indéterminée.

Alors que la saison des pèlerinages devait s’ouvrir ce week-end, le sanctuaire catholique de Lourdes dans le sud-ouest de la France s’apprête à connaître, en pleine pandémie liée au coronavirus, une semaine de Pâques inédite, sans fidèles.

« C’est certain que pour nous, comme pour l’ensemble des catholiques, la semaine sainte et la fête de Pâques seront vécues d’une façon toute particulière cette année. Mais je pense que nous la vivrons de manière très forte », lance Mgr Olivier Ribadeau Dumas, le recteur du Sanctuaire de Lourdes.

D’ordinaire très fréquentées par les croyants en cette période qui donne le coup d’envoi de sept mois de pèlerinages, la cité mariale et sa Grotte, où, selon la tradition catholique la Vierge Marie serait apparue à Bernadette Soubirous en 1858, sont aujourd’hui désertes.

Fermé depuis le 17 mars et pour une durée indéterminée, pour la première fois de son histoire, le Sanctuaire de Lourdes a tenté de réagir rapidement à la pandémie de COVID-19.

Diffusion internationale

D’abord, en lançant une « neuvaine de prière ». Pendant neuf jours consécutifs, prêtres et chapelains ont prié en continu, de 07 h à 20 h 30. Le tout retransmis sur TV Lourdes, la chaîne YouTube du Sanctuaire, Facebook Live, ainsi que sur plusieurs télévisions catholiques -KTO en France, EWTN qui diffuse dans les pays anglo-saxons ou encore TV 2000 en Italie.

Durant la semaine pascale, les temps forts des célébrations seront retransmis en direct par TV Lourdes et les prières du chapelet seront diffusées plusieurs fois par jour et en plusieurs langues sur KTO, TV 2000 et EWTN.

« Puisque les pèlerins ne peuvent plus venir à nous, nous nous invitons chez eux, afin qu’ils soient soutenus dans le confinement mais aussi dans leurs angoisses et dans leurs inquiétudes », explique Mgr Ribadeau Dumas.

Résultat : en neuf jours, les audiences de TV Lourdes ont été multipliées par trois, frôlant parfois les 150 000 vues par jour, le nombre de « minutes vues » sur Facebook Live a bondi de 444 %, et des centaines d’abonnés supplémentaires sur Twitter et Instagram ont accouru.

« Et ça ne prend pas en compte toutes les chaînes de télévision qui nous retransmettent et qui ont leur audience propre, ni les audiences sur la centaine de radios chrétiennes qui nous reprennent », précise Mathias Terrier, le responsable de la communication du Sanctuaire.

Si Français et Italiens représentent la majeure partie du public, les offices lourdais sont aussi suivis depuis les États-Unis, l’Espagne ou le Canada.

« Nous savons que nous sommes aussi retransmis en Amérique du sud, dans les Philippines ou en Indonésie. Lourdes est une ville mondiale, dont le nom est connu partout parce que dans toutes les régions du monde il y a une grotte de Lourdes ou une paroisse qui est placée sous le patronage de Notre-Dame de Lourdes », poursuit Mgr Ribadeau Dumas.

Un absent, un cierge

« Nous allons vivre la semaine sainte grâce aux retransmissions. Nous sommes en communion avec des centaines de milliers de pèlerins qui nous regardent dans de nombreux pays », se réjouit le religieux.

Parallèlement aux retransmissions, le Sanctuaire a lancé des « pèlerinages spirituels ». Chaque matin, les chapelains allument un cierge pour chaque groupe de pèlerins qui n’a pas pu venir et dont les noms sont cités à plusieurs reprises dans la journée.

Une opération baptisée « une flamme, une présence » est aussi conduite, pour permettre à chaque croyant de faire allumer une bougie votive dans la basilique du Sanctuaire.

« Il y a des gestes de Lourdes traditionnels, explique le recteur : toucher la paroi du Rocher de la Grotte, l’eau et la lumière. Aujourd’hui, il ne nous est pas possible d’envoyer de l’eau, ni d’inviter les gens à toucher le Rocher, mais la lumière est le signe qui est encore possible ».