Une lueur d’espoir en Italie

La grande majorité des Italiens semblent à présent accepter et respecter les mesures restrictives, comme le montrent les rues désertes des principales métropoles italiennes, de Milan à Naples, en passant par Rome et Florence, bien loin des foules observées il y a deux semaines.
Photo: Alberto Pizzoli Agence France-Presse La grande majorité des Italiens semblent à présent accepter et respecter les mesures restrictives, comme le montrent les rues désertes des principales métropoles italiennes, de Milan à Naples, en passant par Rome et Florence, bien loin des foules observées il y a deux semaines.

L’Italie, mise à genoux par le fléau du coronavirus, a enregistré lundi une deuxième baisse d’affilée de l’augmentation du nombre de décès et de cas positifs, alimentant l’espoir prudent d’un ralentissement de la pandémie, même si la péninsule a passé la barre des 6000 morts.

« Ce n’est pas encore le moment de crier victoire, mais nous voyons une lumière au bout du tunnel », a commenté avec un timide sourire Giulio Gallera, responsable de la Santé au sein du gouvernement régional de Lombardie (Nord), la région la plus touchée de la péninsule avec 28 761 cas et 3776 morts.

Selon le bilan national publié lundi soir, le nombre de nouveaux cas est descendu à 4789, contre 6557 samedi. Il fait état de 601 nouveaux décès liés au coronavirus, soit 6077 depuis le début de l’épidémie.

Ce n’est pas encore le moment de crier victoire, mais nous voyons une lumière au bout du tunnel

Lors d’une conférence de presse, le président de l’Institut supérieur de la santé (ISS), Silvio Brusaferro, s’est lui aussi gardé de tout triomphalisme : « J’examine attentivement et d’un regard favorable les chiffres, mais je préfère ne pas m’avancer en confirmant ou non qu’il y a une tendance » à la baisse.

Pour accroître les chances du pays de sortir au plus vite de la pandémie, le gouvernement a encore étendu lundi par décret les mesures de confinement, mettant notamment à l’arrêt toutes les industries de production non essentielles et interdisant désormais aux Italiens de sortir de leur propre commune, sauf en cas « d’urgence absolue » ou pour « raison de santé ». Les forces de l’ordre, omniprésentes, ont aussi intensifié les contrôles, notamment des personnes qui voudraient se rendre dans leur résidence secondaire, ce qui est désormais strictement interdit.

L’objectif de ce nouveau décret, le troisième en deux semaines, est de limiter au maximum la circulation de personnes, notamment entre le Nord et le Sud, comme cela avait été le cas le week-end des 7 et 8 mars, après la décision de placer 15 millions d’habitants du Nord en quarantaine. Des milliers de personnes travaillant dans le Nord s’étaient alors précipitées dans les gares pour rejoindre leurs proches en Campanie (région de Naples) ou dans les Pouilles, contribuant à la propagation du virus dans ces régions moins bien équipées sur le plan sanitaire.

La grande majorité des Italiens semblent à présent accepter et respecter les mesures restrictives, comme le montrent les rues désertes des principales métropoles italiennes. de Milan à Naples, en passant par Rome et Florence, bien loin des foules observées il y a deux semaines sur les plages ou dans les parcs.

La coûteuse stratégie britannique

Par ailleurs, la stratégie adoptée par le Royaume-Uni pour ralentir l’épidémie de COVID-19 pourrait faire jusqu’à 70 000 morts de plus cette année, selon une étude publiée lundi.

Selon les chiffres officiels, le nouveau coronavirus a tué 281 personnes dans le pays, sur 5000 cas confirmés, mais le premier ministre, Boris Johnson, a mis en garde dimanche contre le fait que le système de santé pourrait se retrouver « submergé ».

Les chiffres britanniques reflètent ceux enregistrés il y a deux semaines en Italie, où des centaines de personnes meurent désormais chaque jour. Et même si Londres a pris des mesures pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus, dont la fermeture des bars et des restaurants, les médecins craignent un scénario à l’italienne sans des mesures plus fortes pour empêcher les contacts.

70 000
C’est le nombre de morts que pourrait faire en plus cette année la stratégie adoptée par le Royaume-Uni pour ralentir l’épidémie de COVID-19, selon une étude publiée lundi.

Selon une équipe de chercheursdu University College de Londres (UCL), de l’Université de Cambridge et du centre de recherche Health Data Research UK, l’approche actuelle pourrait coûter 70 000 vies supplémentaires. Ils ont examiné les données du système de santé NHS pour évaluer la proportion de la population à haut risque de mortalité face à la COVID-19 et modélisé la probabilité que ces personnes soient contaminées, selon divers scénarios. Selon leurs résultats, 20 % de la population britannique est à risque (plus de 70 ans ou problèmes de santé préexistants). Cela représente 13 millions de personnes, dont 600 000 décéderaient cette année en moyenne, même sans cette pandémie.

Mais ne pas avoir imposé de confinement fait perdre du temps et risque de faire subir aux soignants une pression inutile, qui pourrait provoquer plus de morts, selon les auteurs.