La Russie accusée de cyberattaques contre la Géorgie

Le siège de l’Organisation des Nations unies, à Manhattan
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Le siège de l’Organisation des Nations unies, à Manhattan

L’Estonie, les États-Unis et le Royaume-Uni ont accusé jeudi à l’ONU la Russie d’avoir conduit les cyberattaques menées fin octobre 2019 contre la Géorgie, à l’issue d’une réunion à huis clos « tendue » du Conseil de sécurité, selon des diplomates. « Il est clair que le service de renseignement militaire de la Russie, le GRU, a conduit ces cyberattaques afin de semer la discorde et de perturber la vie des Géorgiens », ont affirmé dans une déclaration commune les trois pays, lue par l’ambassadeur estonien à l’ONU, Sven Jürgenson.

Ils ont précisé avoir demandé la réunion du Conseil de sécurité après l’envoi en février à cette instance par la Géorgie d’une lettre relative à ces « cyberattaques massives contre le gouvernement géorgien et des médias ». Aucun autre pays européen ne s’est joint à leur déclaration.

Outre l’Estonie et le Royaume-Uni, le Conseil de sécurité en compte trois autres : la France, l’Allemagne et la Belgique. Le 20 février, Washington et Londres avaient déjà accusé dans des communiqués séparés la Russie d’avoir mené ces cyberattaques contre la Géorgie. Le lendemain, l’Union européenne avait juste fait part de sa préoccupation sans citer la Russie.

« Ces cyberattaques font partie de la longue campagne russe d’activités hostiles et déstabilisatrices contre la Géorgie et s’inscrivent dans un schéma plus large d’activités malveillantes », ont aussi affirmé l’Estonie, les États-Unis et le Royaume-Uni. « Ces actions contredisent clairement les affirmations de la Russie selon lesquelles elle se prétend être un acteur responsable dans le cyberespace et démontrent une démarche continue de cyberopérations du GRU contre un certain nombre de pays ».

Selon des diplomates s’exprimant sous couvert d’anonymat, la réunion inédite du Conseil de sécurité sur des cyberattaques a été « tendue comme attendu » avec les accusations portées contre Moscou. La Russie « a affirmé que ce n’était pas un sujet pour le Conseil de sécurité » et « a aussi démenti toute implication dans ces attaques » contre la Géorgie, ont précisé à l’AFP ces diplomates.

La Russie est à l’origine de l’adoption fin décembre par l’Assemblée générale de l’ONU d’une résolution controversée prévoyant la rédaction d’un traité international contre « le recours aux technologies de communication et d’informations à des fins criminelles ». Ce projet a été combattu en vain par les États-Unis, les Européens et des ONG qui le voient comme un moyen de pouvoir restreindre l’utilisation d’Internet et la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.