Les députés français adoptent le second volet de la réforme controversée des retraites

Dans plusieurs villes de France, quelques milliers de personnes se sont mobilisées jeudi pour réclamer le retrait de la réforme des retraites.
Photo: Pascal Pochard-Casabianca Agence France-Presse Dans plusieurs villes de France, quelques milliers de personnes se sont mobilisées jeudi pour réclamer le retrait de la réforme des retraites.

Les députés français ont adopté jeudi le deuxième volet du projet de réforme des retraites qui a donné lieu à un vaste mouvement de protestation, en l’absence de l’opposition qui a décidé de quitter les bancs de l’Assemblée en signe de contestation. Le projet de loi organique a été adopté à 98 voix contre 1, les oppositions de gauche comme de droite n’ayant pas participé au scrutin.

Les députés étaient mobilisés depuis un mois sur cette réforme emblématique et avaient entamé mercredi l’examen du texte organique, après l’adoption du volet principal mardi, en utilisant le très controversé article 49-3 de la Constitution qui permet d’éviter un vote du Parlement.

Dans plusieurs villes de France, parmi lesquelles Lille, Rennes, Le Havre ou Caen, quelques milliers de personnes se sont mobilisées jeudi pour réclamer le retrait de la réforme des retraites. Les plus grosses mobilisations se tenaient à Marseille, où près de 2000 personnes ont manifesté selon la police, à Lyon, où entre 1600 et 4000 personnes se sont rassemblées sous une pluie battante, selon les chiffres de la préfecture du Rhône et des syndicats.

Le texte fixe notamment une « règle d’or » sur l’équilibre financier du futur système universel de retraites et prévoit une application anticipée de la réforme dès 2022 pour les parlementaires. Après le vote, le groupe LREM (majorité présidentielle) a évoqué « un texte fondamental pour le futur système universel de retraite ».

Les oppositions, mobilisées depuis le début des travaux en commission le 3 février, n’ont pas relâché la pression critiquant encore et toujours une réforme qui « manque de coeur » selon la gauche, et qui n’est pas financée d’après la droite. Les mêmes accusations, peu ou prou, que sur la première partie, interrompue après 13 jours d’un débat hors norme, dénoncé à droite comme à gauche comme un « fiasco ».

Ce projet phare du président Emmanuel Macron a déclenché à partir de début décembre un conflit social exceptionnellement long, notamment dans les transports, mais aussi parmi les avocats ou encore à l’Opéra de Paris. Une nouvelle journée de mobilisation est annoncée le 31 mars. Côté Parlement, la réforme est attendue au Sénat fin avril, où les élus communistes ont d’ores et déjà promis « un long débat ». Le gouvernement table sur une adoption définitive avant l’été.