Les villes européennes contre les plateformes de locations touristiques

En décembre déjà, huit villes européennes, dont Paris, avaient appelé à réviser en «urgence» la réglementation.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse En décembre déjà, huit villes européennes, dont Paris, avaient appelé à réviser en «urgence» la réglementation.

Vingt-deux villes européennes ont appelé mercredi la Commission et le parlement de l’UE à adopter une « meilleure législation » sur les plateformes de location de meublés touristiques, dont la croissance réduit selon elles l’offre de logements abordables et la diversité sociale. Amsterdam, Athènes, Barcelone, Berlin, Bologne, Bordeaux, Bruxelles, Cologne, Cracovie, Florence, Francfort, Helsinki, Londres, Milan, Munich, Paris, Porto, Prague, Utrecht, Valence, Varsovie et Vienne sont signataires de ce texte commun, reçu par l’AFP.

Ces villes s’alarment d’une croissance des meublés touristiques proposés sur les plateformes comme Airbnb ou Abritel Homeaway qui « crée une pression grandissante sur les prix de l’immobilier, avec un effet direct sur l’offre de logements abordables et la diversité sociale des quartiers concernés ». « Nous sommes inquiets pour la qualité de vie dans nos quartiers, tant la présence des meublés touristiques est devenue synonyme de nuisances dans l’espace public », poursuivent ces 22 villes.

Dans ce contexte, elles saluent « le souhait exprimé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de moderniser les règles qui s’appliquent aux plateformes, aux services et aux produits digitaux en matière de responsabilité et de sécurité ». Elles appellent de leurs voeux « un nouveau cadre législatif européen pour le marché unique numérique » et que soit garanti le « respect des lois dans tous les pays de l’Union européenne », et non dans les seuls États membres où les plateformes ont leur siège.

Si ces villes européennes se disent prêtes à accueillir « avec plaisir les nombreux touristes qui souhaitent [leur] rendre visite dans les décennies à venir », elles jugent prioritaire de « garantir la qualité de vie » de leurs quartiers et l’accueil des « citoyens qui souhaitent vivre et travailler ».

Airbnb assure, dans une réaction transmise à l’AFP, travailler « déjà avec de nombreuses villes à travers l’Europe pour partager des données sur les répercussions positives du partage à domicile ». Et « nous collaborons également avec les villes sur des systèmes d’enregistrement clairs et simples », ajoute la plateforme. « Nous voulons continuer à être de bons partenaires pour les villes, c’est pourquoi nous avons également soutenu les appels en faveur d’un régulateur de l’UE pour les services numériques, afin de garantir que les règles dans la région fonctionnent pour tout le monde », indique aussi Airbnb.

En décembre, huit villes européennes — Paris, Bordeaux, Amsterdam, Vienne, Bruxelles, Berlin, Munich et Barcelone — avaient déjà appelé l’UE à réviser en « urgence » la réglementation sur les locations de courte durée, après une décision de la justice européenne favorable à Airbnb.