En France, les médecins-chefs protestent contre les restrictions budgétaires

Des médecins démissionnaires sont applaudis à leur départ de l'hôpital Saint-Louis, à Paris.
Photo: Thomas Samson Agence France-Presse Des médecins démissionnaires sont applaudis à leur départ de l'hôpital Saint-Louis, à Paris.

Des médecins-chefs de services hospitaliers démissionnent en chaîne depuis une semaine dans toute la France, pour dénoncer les restrictions budgétaires et mettre sous pression le gouvernement avant une nouvelle journée de grève dans l’hôpital public le 14 février.

En une semaine, plus de 300 praticiens hospitaliers ont officiellement renoncé à leurs fonctions administratives et d’encadrement, tout en continuant d’assurer les soins.

Ils entendent ainsi protester contre « la diminution du financement global de la santé et des missions qui n’arrêtent pas d’augmenter, sans qu’il y ait des ressources en regard », a expliqué le pneumologue Hervé Léna.

« Malheureusement, le gouvernement n’en a cure », regrettait récemment Julie, infirmière en réanimation pédiatrique et « pas loin » de l’épuisement professionnel, convaincue qu’après les médecins, « les soignants [vont] aussi finir par quitter le navire ».

Démissionnaire à son tour lundi, l’hématologue Hervé Dombret de l’hôpital parisien Saint-Louis ne veut plus discuter avec sa direction des « restrictions budgétaires imposées à l’hôpital depuis plus de 10 ans ». « Tant que nous ne crions pas, on ne nous entend pas, on ne réfléchit même pas », déplore-t-il.

Cette contestation n’a pas surgi de nulle part. Dix mois après le début de la grève des services d’urgence, la crise s’est étendue à tout l’hôpital public, dont les travailleurs ont manifesté par milliers mi-novembre. Pour calmer la tension, le gouvernement leur a promis des primes, une rallonge budgétaire et une reprise massive de dette.

Trop peu et trop tard pour de nombreux médecins, qui ont « alerté solennellement » la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le mois dernier de leur intention de démissionner à défaut de réelles « négociations » sur les salaires et, plus largement, sur le « mode de financement » et la « gouvernance » du secteur.

Reçus le 17 janvier par la ministre, les représentants du Collectif inter-hôpitaux, à l’origine du mouvement, n’ont « pas pu obtenir de réponses » à ces demandes et ont appelé « à poursuivre le mouvement pour un plan d’urgence digne de ce nom ». Dimanche, le collectif faisait état de 1266 « engagements à démissionner », dont près de 200 mis à exécution la semaine dernière.