La police de Londres abat un homme ayant poignardé trois personnes dans un acte «terroriste»

<p>La rue où se sont produits les faits a été bouclée par la police. Certains magasins ont fermé leurs portes plus tôt que prévu et un hélicoptère survolait la zone.</p>
Photo: Isabel Infantes Agence France-Presse

La rue où se sont produits les faits a été bouclée par la police. Certains magasins ont fermé leurs portes plus tôt que prévu et un hélicoptère survolait la zone.

Une attaque au couteau « de nature islamiste » survenue dimanche dans une rue commerçante du sud de Londres a fait trois blessés, dont un grave, selon la police qui a abattu l’assaillant.

D’après le Guardian, l’assaillant avait reconnu 13 délits terroristes et avait été condamné en 2018, lorsqu’il était âgé de 18 ans, après avoir notamment partagé dans un groupe familial sur la messagerie Whatsapp un magazine lié à Al-Qaïda. Selon Sky News, il a été libéré en janvier, après avoir purgé la moitié de sa peine de trois ans de prison.

Le premier ministre conservateur Boris Johnson a promis d’annoncer dès lundi « des changements fondamentaux » concernant le traitement des auteurs d’actes terroristes. Son gouvernement avait déjà procédé à un durcissement législatif à la suite de l’attaque revendiquée par le groupe jihadiste État islamique qui a fait deux morts fin novembre à London Bridge, en plein centre de la capitale britannique.

Dimanche, les faits ont eu lieu vers 14 h (9 h au Québec) dans le quartier d’habitation de Streatham, dans une rue animée.

Selon la police, deux personnes ont été poignardées par l’assaillant, abattu par la police, et une troisième a été blessée par un éclat de verre causé par un tir des forces de l’ordre.

L’auteur de l’attaque portait « un engin attaché au corps », a relevé la Metropolitan police, confirmant un témoignage recueilli par l’AFP. « Il a été rapidement établi qu’il s’agissait d’un faux ».

« L’incident a été rapidement déclaré de nature terroriste et nous pensons qu’il est de nature islamiste », a précisé la même source dans un communiqué.

Alors que des questions avaient surgi sur la rapidité inhabituelle de la police à qualifier ainsi les faits, celle-ci a expliqué que des agents de son unité antiterroriste se trouvaient sur place « dans le cadre d’une opération préventive », suggérant que l’assaillant était surveillé comme l’ont affirmé des médias britanniques.

À la télévision britannique, la députée de la circonscription Bell Ribeiro-Addy a souligné que « la police surveillait [l’assaillant] depuis un certain temps ».

Rue bouclée

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des hommes armés en civil semblant tenir quelqu’un en joue, abrités derrière une voiture banalisée. Ils sont rapidement rejoints par des véhicules de police.

La rue où se sont produits les faits a été bouclée par la police, maintenant les passants à plusieurs centaines de mètres, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.

Un employé d’un salon de coiffure de la rue a dit avoir vu des policiers en civil pourchasser quelqu’un. « Ils ont tiré trois fois [...]. Il est resté vivant plusieurs minutes, je pouvais le voir bouger la tête ».

« Il portait un gilet », a ajouté Karker Tahir, précisant que la police avait demandé à ses clients d’évacuer les lieux « par la porte de derrière en cas d’explosion ».

Un témoin a raconté à l’agence de presse PA avoir vu un homme portant une machette et des cannettes en métal pourchassé par un homme en civil : « Je pense avoir entendu trois coups de feu », a déclaré cet étudiant de 19 ans.

Dans un communiqué, le premier ministre Boris Johnson a salué « la bravoure de la police » et assuré que l’enquête chercherait à « établir tous les faits ». « Demain (lundi), nous annoncerons de nouveaux projets de changements fondamentaux dans le système de traitement de ceux qui sont condamnés pour des faits de terrorisme ».

Londres a été le théâtre de plusieurs attentats terroristes ces dernières années.

Fin novembre, une attaque au couteau a fait deux morts à London Bridge, un pont du centre-ville, avant que l’assaillant, qui portait lui aussi un gilet explosif factice, ne soit abattu par la police.

Son auteur, Usman Khan, 28 ans, était un ancien détenu pour des faits de terrorisme libéré à mi-peine. Il participait sur les lieux des faits à un programme de réhabilitation pour anciens détenus.

Depuis, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé un projet de loi en vue d’aggraver les peines pour les auteurs d’actes terroristes, interdisant leur libération anticipée, tandis que le budget alloué à la lutte antiterroriste doit être augmenté.

« Les terroristes cherchent à nous diviser et à détruire notre mode de vie. À Londres, nous ne les laisserons jamais y parvenir », a réagi le maire de la capitale, Sadiq Khan, dans un communiqué.