La reine Elizabeth II promulgue le Brexit à huit jours du grand départ

À huit jours du grand saut, Elizabeth II a donné son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d’un mariage tumultueux avec l’Union européenne.
Photo: Lindsay Parnaby Agence France-Presse À huit jours du grand saut, Elizabeth II a donné son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d’un mariage tumultueux avec l’Union européenne.

Le divorce sera bientôt consommé : la reine Elizabeth II a promulgué jeudi l’accord de Brexit, une des dernières étapes avant que le Royaume-Uni ne largue définitivement les amarres fin janvier, après plus de trois ans de déchirements.

À huit jours du grand saut, Elizabeth II a donné son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d’un mariage tumultueux avec l’Union européenne, a annoncé sur Twitter le ministre du Brexit, Steve Barclay.

Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement.

« Parfois, nous avions l’impression que nous ne franchirions jamais la ligne d’arrivée du Brexit, mais nous l’avons fait », avait réagi, à la suite de ce vote, Boris Johnson dans un communiqué. « Nous pouvons maintenant oublier les rancoeurs et les divisions de ces trois dernières années et nous concentrer sur la mise en oeuvre d’un avenir radieux et palpitant ».

Mais le sujet continue de nourrir les passions. Aussitôt l’annonce de la promulgation, le chef du groupe des indépendantistes écossais du SNP, Ian Blackford, a dénoncé une « crise constitutionnelle », car le parlement écossais n’a pas approuvé l’accord de Brexit. Lors du référendum de 2016, 62 % des Écossais avaient voté en faveur du maintien dans l’UE.

Pour la députée des Verts, Caroline Lucas, c’est un « moment d’énorme regret » : Avec cette promulgation, « nous rejetons le droit de travailler, étudier, vivre et aimer dans 27 pays ».

Le traité de retrait doit encore être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier, pour que le Royaume-Uni puisse devenir le premier pays membre à quitter l’UE, le 31 janvier à 23 h (heure de Londres), et tourner la page de trois ans d’atermoiements et de débats acrimonieux.

Le bouillonnant Boris Johnson a réussi là où la précédente locataire de Downing Street, Theresa May, s’est cassé les dents. La promulgation du texte, qui traduit dans la loi britannique l’accord de divorce de 535 pages conclu en octobre, marque une grande victoire pour le dirigeant conservateur, arrivé au pouvoir en juillet 2019 en se posant en sauveur du Brexit.

Première étape franchie à l’UE

La commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen s’est prononcée jeudi dans une ambiance morose en faveur de la ratification du traité de retrait du Brexit, une première étape avant le vote en session plénière la semaine prochaine.

À une très large majorité (sur les 26 votants, 23 ont voté pour et 3 contre), la commission parlementaire a donné son feu vert, qui sert de recommandation pour le vote prévu le 29 janvier, lorsque le texte, qui règle les modalités du divorce, sera soumis à l’ensemble des eurodéputés.

Il s’agira de la dernière étape majeure pour officialiser le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans de négociations difficiles et de débats acrimonieux.

« Le choix est entre un Brexit ordonné et un Brexit dur », a déclaré Guy Verhofstadt, rapporteur du dossier, rappelant l’enjeu de ce vote du Parlement.

La grande majorité des groupes politiques se sont lamentés du départ britannique, à l’exception du groupe Identité et Démocratie (extrême droite) qui a salué « un grand jour ».

« Ce n’est pas le moment de faire la fête, même si nous respectons la décision souveraine du peuple britannique », a commenté le président de la commission l’Italien Antonio Tajani (PPE, droite)

De son côté, le Parlement britannique a définitivement adopté l’accord de retrait mercredi. La reine Elizabeth II l’a promulgué jeudi, ce qui lui donne force de loi.

Le départ officiel s’accompagne d’une période de transition, entérinée dans l’accord de retrait, jusqu’à la fin de l’année, durant laquelle le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles de l’UE sans toutefois prendre part aux décisions communautaires.

Il s’agit de permettre une sortie en douceur. Ce laps de temps doit aussi permettre aux deux parties de négocier leur future relation, en particulier un accord de commerce. Mais il est jugé particulièrement court pour une telle négociation.