France: la lutte contre la réforme des retraites perd de la force

Selon le ministère de l’Intérieur, 187 000 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 23 000 à Paris.
Photo: Thomas Samson Agence France-Presse Selon le ministère de l’Intérieur, 187 000 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 23 000 à Paris.

Après six semaines de conflit, les syndicats opposés à la réforme des retraites ont réuni des dizaines de milliers de manifestants jeudi en France, affichant leur « détermination », malgré une mobilisation en baisse.

Selon le ministère de l’Intérieur, 187 000 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 23 000 à Paris, après 149 000 samedi dernier et 452 000 le 9 janvier, de même source.

Dans la capitale, ils étaient 28 000 selon le comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l’AFP (44 000 le 9 janvier) et 250 000 selon le syndicat CGT (370 000 le 9 janvier). La préfecture de police a annoncé avoir procédé à 11 interpellations.

Pour la sixième fois depuis le 5 décembre, l’intersyndicale appelait à « une journée de mobilisation interprofessionnelle massive, de grèves et de manifestations ». Des cortèges ont défilé dans toute la France, comme à Marseille, Toulouse ou Saint-Nazaire.

Les manifestants ont défilé derrière une banderole « Retraites à points : tous perdants, retraite à 60 ans : tous gagnants ! ». On y trouvait en grande majorité des enseignants, malgré des taux de grévistes en baisse dans l’Éducation nationale (moins de 7 %), mais aussi des avocats en robe, des cheminots, des agents de la RATP (transports parisiens) ou des étudiants.

Clarisse Delalondre, déléguée du syndicat CGT Energie, pointe les « 43 jours de grève dans les pattes », mais estime qu’il faut continuer la grève, la développer même. « On ne peut pas se laisser faire, ce sont nos acquis ! » ajoute-t-elle.

 
187 000
C’est le nombre de personnes qui ont pris part aux manifestations à travers la France jeudi, selon le ministère de l’Intérieur. Elles étaient 149 000 samedi dernier et 452 000 le 9 janvier, de même source.

« La détermination est toujours aussi grande », a assuré le secrétaire général du syndicat CGT, en pointe dans ce mouvement, Philippe Martinez, selon lequel « il n’est jamais trop tard pour faire céder un gouvernement ».

Défi des syndicats

Après plusieurs rassemblements en retrait par rapport aux 805 000 manifestants comptabilisés le 5 décembre par le ministère de l’Intérieur, le défi pour l’intersyndicale est de retrouver une mobilisation suffisante pour maintenir la pression contre cette réforme phare du président Emmanuel Macron, qui avait promis durant sa campagne de « transformer » la France.

Mais les premiers chiffres des manifestations dans les régions montraient plutôt une décrue : hors Paris, environ 82 000 personnes avaient défilé à 18 h (heure locale), selon un comptage de l’AFP réalisé à partir des chiffres fournis par la police ou les préfectures.

Le gouvernement veut aligner la France sur la plupart des autres pays en instaurant un système « universel » de retraite et, donc, supprimer les régimes spéciaux qui permettent notamment aux cheminots de partir plus tôt, mais également assurer l’équilibre financier à long terme du système en incitant les Français à travailler plus longtemps, point sur lequel se cristallise l’opposition.

La situation s’améliore petit à petit dans les transports publics, fer de lance de la mobilisation qui a déjà coûté « pas loin du milliard d’euros » aux chemins de fer.

Vendredi, le trafic des trains devrait être quasi normal. Mais à Paris, deux métros sur trois circuleront en heure de pointe et seules trois lignes fonctionneront normalement.

Si la mobilisation baisse, elle reste en tout cas soutenue majoritairement par l’opinion publique, selon plusieurs sondages. Et l’intersyndicale a déjà appelé à de nouvelles actions et manifestations la semaine prochaine, avec une 7e journée d’actions nationale en point d’orgue, vendredi 24 janvier, à l’occasion de l’examen du projet de loi en conseil des ministres.