La presse anglaise étrille Harry et Meghan

<p>Harry et Meghan s’étaient ouverts dans un documentaire, en octobre, sur leurs difficultés face à l’exposition médiatique.</p>
Photo: Tolga Akmen Archives Agence France-Presse

Harry et Meghan s’étaient ouverts dans un documentaire, en octobre, sur leurs difficultés face à l’exposition médiatique.

Souveraine d’un Royaume-Uni abasourdi par la décision du prince Harry et de son épouse Meghan de se mettre en retrait de la monarchie, la reine Élisabeth II a pressé les équipes royales de trouver rapidement une solution.

Le choc est tel qu’il a relégué au second plan le vote historique des députés britanniques, qui ont donné leur feu vert à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne après trois ans et demi de déchirements.

Plutôt que le Brexit, c’est le « Megxit » qui dominait dans les médias au lendemain de l’annonce qui a pris tout le monde de court, jusqu’à la reine Élisabeth II, 93 ans, grand-mère de Harry, et le prince héritier Charles.

Le couple veut obtenir son indépendance financière et s’installer une partie de l’année en Amérique du Nord, après s’être épanché sur ses difficultés à vivre la pression médiatique.

Difficile à avaler pour la famille royale, qui estime la situation « compliquée ». Elle espérait pouvoir entamer 2020 sous de meilleurs auspices après le retrait l’an dernier du prince Andrew de toutes ses obligations publiques en raison de ses liens avec le pédophile américain Jeffrey Epstein.

Selon des médias britanniques citant une source au palais de Buckingham, les équipes de la reine, de son fils Charles et des fils de ce dernier, William et Harry, ont pour instruction de travailler « à un rythme soutenu » pour trouver des « solutions ». Une issue est attendue « dans quelques jours, pas semaines », leur a rapporté cette source.

« Malheureux et stressés »

En écho aux fissures lézardant la monarchie, Madame Tussaud’s, le célèbre musée londonien de personnages en cire, a éloigné Harry et Meghan des autres statues représentant le noyau dur de la famille royale.

Pour l’expert de la famille royale Richard Fitzwilliams, interrogé par l’AFP, Harry et Meghan ont choisi de « partir comme des rebelles », ce qui souligne « à quel point ils sont malheureux et stressés ».

Plus sévère, la presse étrille le couple princier, évoque la « profonde déception » de la souveraine et va jusqu’à établir une comparaison avec la fracassante abdication, en 1936, du roi Édouard VIII pour épouser Wallis Simpson, une Américaine divorcée — comme Meghan.

Surtout, leur volonté d’indépendance financière est perçue comme hypocrite. La dotation royale, à laquelle Harry, 35 ans, et Meghan, 38 ans, entendent renoncer, ne représente que 5 % de leurs dépenses officielles, le reste étant financé par les revenus privés du prince Charles, père de Harry et héritier du trône.

Millionnaires, ils ont aussi dit vouloir garder l’usage du cottage de Frogmore, sur les terres du château de Windsor, rénové à hauteur de 2,4 millions de livres aux frais des contribuables, et bénéficier d’une prise en charge par l’État de leur sécurité. Sans renoncer à leurs titres.

« Ils veulent vraiment le beurre et l’argent du beurre », a jugé Graham Smith, patron des « Républicains », le mouvement britannique anti-monarchie.

L’annonce explosive a été faite au moment où Harry et Meghan venaient de rentrer d’un séjour de plusieurs semaines au Canada avec leur fils Archie, né en mai 2019, un an après leur mariage fastueux.

Ils s’étaient juste auparavant ouverts dans un documentaire, en octobre, sur leurs difficultés face à l’exposition médiatique, s’attirant des critiques acerbes de la presse pour s’être épanchés de la sorte lors d’un voyage en Afrique.

Cette crise pourrait écorner l’image de la famille royale, pour laquelle Meghan avait d’abord été considérée comme un souffle de fraîcheur par les tabloïds, qui se sont ensuite retournés contre elle, dénonçant dans des articles au vitriol son comportement prétendu capricieux.

« Je pense qu’ils vont se mettre beaucoup de monde à dos. Et cela va bouleverser la famille », estime Paul Brown, un passant interrogé devant le palais de Buckingham.

Face à ces critiques, Harry a déposé en octobre une plainte contre des tabloïds. Il a dit craindre que sa femme ne subisse le même sort que feu sa mère Diana.

Une promesse de Tim Hortons mal reçue

Du « café gratuit pour la vie » pour Harry et Meghan s’ils déménagent au Canada ? L’offre en forme de clin d’oeil au couple princier de la part de Tim Hortons a valu une volée de critiques à la célèbre chaîne canadienne.

« Pas de pression, Meghan et Harry, mais si vous décidez de déménager au Canada, le café est gratuit pour la vie. Pensez-y », disait le message publié sur Twitter. Une proposition « un peu fort de café » pour bien des usagers du réseau social, qui se sont emparés du message de la chaîne de restauration pour dénoncer ses pratiques à l’égard de ses employés. « Ils ont les moyens d’acheter la compagnie. Vos employés n’ont pas les moyens de se loger. Voyez-vous le problème avec ce tweet ? » interrogeait un usager. D’autres ont rappelé qu’un restaurant de Winnipeg avait mis à la porte ses employés plutôt que de leur accorder l’augmentation salariale de 10 cents l’heure qu’ils réclamaient.