Grèves en France: pas de trêve de Noël

Seuls 20% des trains de la banlieue parisienne et 40% des trains à grande vitesse et trains express régionaux circulent ce lundi en France.
Photo: Stéphane de Sakutin Agence France-Presse Seuls 20% des trains de la banlieue parisienne et 40% des trains à grande vitesse et trains express régionaux circulent ce lundi en France.

Pas de répit pour les fêtes de Noël : les grévistes mobilisés contre la réforme controversée des retraites en France veulent « maintenir la flamme » pendant les fêtes, pour un 19e jour consécutif, continuant à paralyser largement les transports publics.

Après un week-end de départ en vacances très compliqué pour les voyageurs, seuls 40 % des trains à grande vitesse et trains express régionaux circulent ce lundi et 20 % des trains de la banlieue parisienne.

Dans la capitale française, le trafic reste extrêmement réduit, avec une circulation normale sur seulement deux lignes de métro sur seize, soit les lignes automatiques. Et encore : des manifestants ont brièvement bloqué lundi matin la ligne 1 du métro parisien, une des deux automatiques, en envahissant les quais à la station Gare de Lyon.

« Le libre exercice du droit de grève n’est pas un droit à envahir, à bloquer, à intimider les voyageurs », a réagi la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne.

« Le quotidien de ceux qui ont besoin de se déplacer est déjà suffisamment difficile pour ne pas leur faire subir de telles actions inadmissibles, que je condamne », a-t-elle ajouté sur Twitter.

   

La situation ne devrait pas s’améliorer mardi, veille de Noël : les trains de banlieue de la région parisienne arrêteront progressivement de circuler à partir de 18 h jusqu’à au moins mercredi après-midi, a prévenu la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

Un appel à la trêve infructueux

La suspension du mouvement n’est donc toujours pas au programme, en dépit de l’appel du président français Emmanuel Macron, sorti de son silence samedi pour rappeler aux grévistes qu’il est « bon de savoir faire trêve » et invoquer leur « esprit de responsabilité ».

Le nouveau « M. Retraites » du gouvernement, Laurent Pietraszewski, a appuyé le message dimanche. Il a estimé que les propositions mises sur la table à la SNCF et la RATP (métros parisiens), concernant la progressivité du recul de l’âge de départ ou le niveau des pensions, devaient « permettre de reprendre le travail ».

La très grande majorité des syndicats ne sont pas de cet avis. L’un d’eux, la CGT a promis toute une série d’actions pour l’entre-deux-fêtes afin de maintenir la pression sur le gouvernement, avec l’organisation de concerts à la gare d’Austerlitz, à Paris, des repas en gare ou des rassemblements devant des mairies ou permanences du parti du président présidentiel LREM.

Une réforme controversée

Le projet de réforme vise à créer un système universel de retraites par points et à supprimer les nombreux régimes spéciaux qui permettent à certains Français, notamment les chefs de trains, de partir plus tôt à la retraite.

Il inclut de plus une forte incitation à travailler jusqu’à 64 ans, contre 62 ans pour l’âge « légal » de départ en retraites.

« Nous ne reviendrons pas sur la suppression des régimes spéciaux », a affirmé dimanche le nouveau secrétaire d’État aux Retraites, Laurent Pietraszewski.

Ce dernier doit présenter « lundi un programme et un calendrier de concertation », avec des réunions avec les partenaires sociaux début janvier, le projet étant attendu au conseil des ministres le 22.

Les syndicats CGT et FO, parmi les plus opposés à la réforme, ont d’ores et déjà appelé à une mobilisation le 9 janvier.