Le trafic ferroviaire toujours «très perturbé» en France

Dans les gares du pays, l’épuisement a gagné beaucoup d’usagers.
Photo: Christophe Ena Associated Press Dans les gares du pays, l’épuisement a gagné beaucoup d’usagers.

Le premier week-end des vacances de Noël en France restait marqué en raison des grèves par un trafic ferroviaire « très perturbé », qui a mis les nerfs des voyageurs à rude épreuve samedi et s’annonçait tout aussi difficile dimanche.

Un temps espéré par le gouvernement, une trêve pour les fêtes de fin d’année dans le mouvement social déclenché il y a 17 jours contre la réforme des retraites et en particulier la fin du régime spécial des cheminots, ne s’est en effet pas matérialisée.

Emmanuel Macron a à cet égard appelé samedi, d’Abidjan où il était en déplacement, les opposants à cette réforme à « l’esprit de responsabilité ». « Les mouvements de grève se justifient, ils sont constitutionnellement protégés. Mais je crois qu’il est des moments dans la vie d’une nation où il est bon aussi de savoir faire trêve pour respecter les familles et la vie des familles », a souligné le chef de l’État.

Un porte-parole de la SNCF, la Société nationale des chemins de fer français, a de son côté précisé que l’objectif de faire voyager 850 000 détenteurs de billets jusqu’à dimanche était maintenu.

La compagnie a prévu samedi et dimanche de faire rouler la moitié des trains à grande vitesse (TGV), 30 % des trains régionaux et 20 % de ceux de la banlieue parisienne, les trains devant être moins nombreux à partir de lundi.

Quant à la circulation des rames du métro parisien (la RATP), très perturbée samedi avec huit lignes toujours fermées, il le sera encore davantage dimanche, avec seulement deux lignes de métro en circulation sur 16.

Conséquence, les bouchons s’accumulaient samedi soir sur les axes routiers de la région parisienne.

Vendredi, la branche cheminots de la CFDT, le premier syndicat de France, qui suit une ligne réformiste, a maintenu son appel à la grève, jugeant les avancées dans les négociations avec l’exécutif « pas suffisantes ».

Deux autres organisations syndicales, la CGT-Cheminots et SUD-Rail, qui avaient décidé dès jeudi de poursuivre le mouvement, ont quant à elles invité leurs troupes participer aux « actions qui seront organisées » samedi 28 décembre « partout en France ».

Dans les gares, l’épuisement avait gagné beaucoup d’usagers, comme Françoise Lambert, qui cherchait à se rendre de Paris à Evron, à 60 km du Mans (ouest). « Je vais jusqu’à la gare TGV du Mans et après je n’ai pas de solution. C’est stressant », déplorait cette assistante de direction arrivée en taxi d’Aulnay-sous-Bois, au nord de la capitale, pour presque 60 euros, et qui craignait de devoir recourir à un autre taxi.

L’exécutif n’est pourtant pas resté inactif. Après deux jours de rencontres avec les partenaires sociaux, le premier ministre Édouard Philippe a relevé jeudi des « avancées concrètes » concernant notamment la progressivité de la réforme des régimes spéciaux et une prise en compte « plus généreuse » de la pénibilité.

Sans convaincre ni les opposants au projet, ni ceux qui y sont favorables, la CFDT restant « fermement opposée » à l’« âge d’équilibre » assorti d’un bonus-malus que le gouvernement veut introduire dès 2022 et fixer à 64 ans en 2027.

Le gouvernement promet de nouvelles réunions début janvier sur le projet, attendu en Conseil des ministres le 22 janvier.