Démission de l’artisan de la réforme des retraites en France

Jean-Paul Delevoye est le 12e ministre à démissionner depuis le début de la présidence Macron.
Photo: Eric Feferberg Agence France-Presse Jean-Paul Delevoye est le 12e ministre à démissionner depuis le début de la présidence Macron.

L’artisan du plan de réforme des retraites en France, décrédibilisé par des soupçons de conflit d’intérêts, a démissionné lundi, accroissant la pression sur le gouvernement, inquiet de voir les grèves contre ce projet se prolonger durant la période de Noël.

Au douzième jour du conflit qui paralyse largement les transports, Jean-Paul Delevoye, « Monsieur retraites », a présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée « avec regret ».

Cette démission, la 12e d’un ministre depuis le début de la présidence Macron en mai 2017, est un coup dur pour le gouvernement, qui peine à trouver une sortie de crise.

La position de M. Delevoye, 72 ans, était devenue intenable après des révélations sur des mandats non déclarés en parallèle de ses fonctions gouvernementales, alimentant des soupçons de conflit d’intérêts.

Son départ intervient à la veille d’une journée de mobilisation que les adversaires de la réforme veulent décisive, l’ensemble des syndicats appelant désormais à la grève et à la manifestation, y compris les organisations réformistes comme la CFDT, premier syndicat de France.

Le premier ministre les recevra tour à tour mercredi, ainsi que le patronat. « Cette réforme ne s’en va pas avec Jean-Paul Delevoye, elle sera toujours défendue par le gouvernement », a souligné dans la soirée la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

« Le gouvernement fait une profonde erreur en termes de justice sociale et aussi une profonde erreur politique s’il persiste », a déclaré lundi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Pourtant favorable au principe de cette réforme, la CFDT refuse l’instauration d’un « âge d’équilibre » de 64 ans pour encourager l’allongement de la durée des cotisations.

M. Berger a toutefois plaidé pour « une trêve » dans la grève des transports à Noël. Mais son homologue de la CGT, Philippe Martinez, a d’ores et déjà averti que le mouvement continuerait si le projet n’était pas retiré.

« Faire grève, c’est légitime, mais on peut respecter des moments comme les Fêtes de fin d’année où chacun veut retourner dans sa famille », a répondu la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, estimant « irresponsable » de « gâcher les vacances des Français ».

L’opposition communiste et de la gauche radicale a pour sa part accusé l’exécutif de « chantage » et de faire le « choix du pourrissement ».