L'Albanie secouée par un séisme mortel

<p>Plusieurs immeubles se sont effondrés comme des châteaux de cartes sous la violence de ce tremblement de terre de magnitude 6,4 survenu au petit matin, piégeant les victimes sous les gravats.</p>
Photo: Gent Shkullaku Agence France-Presse

Plusieurs immeubles se sont effondrés comme des châteaux de cartes sous la violence de ce tremblement de terre de magnitude 6,4 survenu au petit matin, piégeant les victimes sous les gravats.

Les secouristes albanais fouillaient les décombres mardi à la recherche de survivants après le plus puissant séisme à frapper ce pays des Balkans depuis plusieurs décennies, qui a fait au moins 18 morts et des centaines de blessés.

Des immeubles se sont effondrés comme des châteaux de cartes sous la violence de ce tremblement de terre de magnitude 6,4 survenu au petit matin, piégeant les victimes sous les gravats.

Dans les rues de Tirana, les habitants sont sortis affolés de chez eux, selon une journaliste de l’AFP. La ville touristique côtière de Durrës et la localité de Thumanë, au nord de la capitale, ont été particulièrement touchées, offrant un spectacle de bâtiments entiers réduits en poussière.

Selon un dernier bilan du ministère de la Défense, 16 personnes ont trouvé la mort.

Plusieurs corps ont été extraits des ruines à Durrës, où un hôtel s’est écroulé et d’autres immeubles ont été sérieusement endommagés. Les dépouilles d’autres victimes ont été retrouvées dans les gravats à Thumanë.

Dans la ville voisine de Kurbin, un homme d’une cinquantaine d’années s’est tué en sautant en panique de son immeuble, chutant de plusieurs étages. Un autre homme a péri dans un accident de voiture lorsque la route a été détruite.

Sous le regard angoissé des habitants, les secouristes passaient au peigne fin les débris d’où s’échappaient parfois les cris de détresse d’habitants encore ensevelis. Quand les sauveteurs parviennent à extraire des survivants, ce sont alors des cris de joie qui résonnent.

Selon un dernier bilan du ministère de la Défense, 18 personnes ont trouvé la mort, pour la plupart dans la ville touristique côtière de Durrës, sur l’Adriatique, ainsi que dans la localité de Thumanë, au nord de la capitale.

Tout au long de la journée, des corps ont été extraits des ruines de ces deux localités, où plusieurs immeubles ont été réduits en poussière.

Dans la ville voisine de Kurbin, un homme d’une cinquantaine d’années s’est tué en sautant en panique du haut de son immeuble. Un autre homme a péri dans un accident de voiture lorsque la route a été détruite.

À Thumanë, les secours fouillent ce qu’il reste d’un immeuble de cinq étages.

Les habitants appellent les leurs — « Mira ! », « Ariela ! », « Selvije ! » — dans l’espoir qu’ils soient encore en vie. Les cris de personnes ensevelies s’échappent des ruines, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Dulejman Kolaveri, 50 ans, craint pour sa mère de 70 ans et sa nièce de six ans qui vivaient au cinquième étage. « Je ne sais pas si elles sont mortes ou vivantes. J’ai peur pour elles... On entend des voix, Dieu seul sait », raconte-il à l’AFP, la voix étreinte par l’angoisse et les mains tremblantes.

La scène se répète à Durrës, où soldats et policiers tentaient de faire sortir neuf personnes, dont des femmes et des enfants, bloquées dans les décombres d’un immeuble de cinq étages complètement détruit. L’Albanie est connue pour son urbanisme sauvage, en particulier dans les zones touristiques.

« C’est terrible, c’est horrible. On espère qu’ils vont les sortir vivants », lance en larmes Astrit Cani, un habitant de 25 ans.

Mais 42 survivants ont également été secourus, donnant l’occasion à la foule de manifester sa joie. « Bravo, bravo », lancent des habitants aux secouristes qui viennent d’extraire un jeune homme des décombres d’un hôtel sur une plage de Durrës.

Selon le ministère de la Santé, environ 600 personnes légèrement blessées ont reçu des soins dans des hôpitaux à travers le pays.

Les autorités ont mobilisé environ 300 militaires. Quelque 1900 policiers ont également été déployés.

« Nous avons mobilisé des soutiens immédiats pour aider les autorités locales et des équipes de secours venues d’Italie, de Grèce et de Roumanie sont déjà en route », a annoncé la Commission européenne sur Twitter.

   

Ressenti à travers les Balkans

Un sismologue albanais, Rrapo Ormeni, a déclaré à la télévision qu’il s’agissait du plus puissant séisme survenu dans la région de Durres depuis 1926.

L’épicentre de la secousse se situait en mer Adriatique, à 34 km au nord-ouest de Tirana, à une profondeur de 10 kilomètres, selon le Centre sismologique euro-méditerranéen.

Ce tremblement de terre a été suivi par de multiples répliques, notamment une de magnitude 5,3, selon cet organisme.

La première secousse a été ressentie à travers les Balkans, à Sarajevo (près de 400 km), en Bosnie, ou encore à Novi Sad (près de 700 km), en Serbie, selon les médias et les alertes publiées par des habitants sur les réseaux sociaux.

La même région d’Albanie avait été secouée en septembre par un séisme de magnitude 5,6, qualifié par les autorités de plus fort tremblement de terre des « 20 à 30 dernières années ».

Les Balkans connnaissent une forte activité sismique du fait des mouvements des plaques tectoniques africaine et eurasienne, ainsi que ceux de la microplaque adriatique. Les tremblements de terre y sont fréquents. En 1963, un séisme avait fait un millier de morts à Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord voisine.