Strasbourg ouvre son marché de Noël, sans céder à la peur

Sous les odeurs de vin chaud affleurera le souvenir du 11 décembre dernier, quand Cherif Chekatt a semé la terreur, armé d’un pistolet et d’un couteau, dans les ruelles du centre-ville, à une heure où le marché de Noël s’apprêtait à fermer.
Photo: Jean-François Badias Associated Press Sous les odeurs de vin chaud affleurera le souvenir du 11 décembre dernier, quand Cherif Chekatt a semé la terreur, armé d’un pistolet et d’un couteau, dans les ruelles du centre-ville, à une heure où le marché de Noël s’apprêtait à fermer.

Strasbourg, dans l’est de la France, a ouvert vendredi son célèbre marché de Noël, avec la volonté de ne pas céder à la peur, un an après un attentat qui a ensanglanté la précédente édition.

« L’attentat, on y pense, mais cela ne nous arrête pas, il faut sortir quand même, se serrer les coudes, ne pas extérioriser la peur, sinon ils auront gagné », dit Christiane, pendant que son compagnon prend l’immense sapin de la place Kléber en photo.

Le marché de Noël, qui se tient cette année jusqu’au 30 décembre, « c’est l’émerveillement des petits et des grands, et même des personnes âgées », souligne cette retraitée.

Pour cette 450e édition du marché de Noël le plus célèbre de France, décorations en tout genre, santons et bredele (petits biscuits alsaciens traditionnels) attendent les acheteurs dans 300 chalets. Mais sous les odeurs de vin chaud affleurera le souvenir du 11 décembre dernier, quand Cherif Chekatt a semé la terreur, armé d’un pistolet et d’un couteau, dans les ruelles du centre-ville, à une heure où le marché de Noël s’apprêtait à fermer.

Il a tué cinq hommes et blessé une dizaine de personnes, puis a été lui-même abattu par une patrouille de police après deux jours de cavale.

Un an après ce drame, la mairie et la préfecture ont promis un dispositif sécuritaire « plus dynamique et mieux coordonné », tout en reconnaissant que le marché de Noël ne pourrait jamais être complètement « étanche ».

Quelque 500 membres des forces de l’ordre en tenue et en civil, l’accès au centre-ville filtré avec des points de contrôle auxquels les visiteurs devront se présenter sacs et manteaux ouverts, des obstacles et des fosses pour parer la menace de véhicules-béliers… : de multiples mesures de sécurité ont été prises.

La crainte des attentats n’a pas découragé Benjamin, 27 ans, et Saskia, 24 ans, venus de Stuttgart pour passer trois jours dans la capitale alsacienne, dont le marché est particulièrement « gigantesque et magnifique », même au regard des marchés de Noël allemands. Les attentats peuvent « se passer n’importe où », pointe Saskia.

« Il n’y a pas de retard sur quelque clientèle que ce soit en lien avec le drame qu’on a vécu », affirme Paul Meyer, adjoint au maire responsable du tourisme.

Strasbourg attend environ 250 millions d’euros de retombées économiques de son marché, doté d’un budget de 4,5 à 5 millions d’euros, dont près d’un million pour la sécurité.