La France veut «reprendre le contrôle» de sa politique migratoire

Le premier ministre français, Édouard Philippe
Photo: Charles Platiau Pool Agence France-Presse Le premier ministre français, Édouard Philippe

Le premier ministre français, Édouard Philippe, a affirmé que son gouvernement voulait « reprendre le contrôle de [la] politique migratoire » nationale, en présentant mercredi une série de mesures à ce sujet, comme des quotas pour l’immigration économique.

« Le sens général de notre action, c’est la souveraineté […] C’est exprimer et assumer des choix clairs en matière d’accueil et d’intégration » et assurer « un juste équilibre entre les droits et devoirs », a déclaré M. Philippe.

Quotas d’immigrés pour certains emplois, délai de carence pour les demandeurs d’asile avant d’accéder à la prise en charge financière des soins de santé, lutte contre les fraudes à l’aide médicale d’État qui bénéficie aux sans-papiers… Le gouvernement a détaillé ses mesures sur l’immigration, déjà largement dévoilées et controversées.

Il prévoit ainsi un tour de vis envers l’immigration clandestine : les étrangers sans-papiers ainsi que les personnes déboutées de leur demande d’asile ne pourront bénéficier d’un maintien de leur protection maladie que pendant six mois, au lieu de douze jusqu’à présent.

« Nous ne toucherons pas à la question du regroupement familial », mais « nous luttons contre toutes les fraudes, y compris au sein du regroupement familial », a répété pour sa part le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Le ministre a aussi promis l’ouverture de trois nouveaux centres de rétention ainsi que 16 000 nouvelles places d’hébergement pour les réfugiés.

La France s’est aussi fixé pour objectif d’attirer 500 000 étudiants étrangers d’ici à 2027, contre environ 325 000 aujourd’hui.

Le nombre de titres de séjours délivrés pour des raisons économiques (près de 33 502 en 2018) ne représente qu’une petite partie des quelque 255 956 titres octroyés en 2018, selon les chiffres officiels provisoires.

Le secrétaire général du syndicat modéré de la CFDT, Laurent Berger, premier syndicat français, s’est dit « choqué » par la volonté du gouvernement d’instaurer ces « quotas », mais aussi un délai de carence pour accéder à la couverture maladie universelle.

« Les migrants économiques, c’est 30 000 personnes en France par an […] Je ne crois pas qu’il y a besoin d’agiter des chiffons rouges sur ce sujet », a-t-il tempéré.

« On aura bonne mine quand on aura mis un délai de carence, qu’une personne sera porteuse d’une maladie et qu’elle aura développé cette maladie pendant trois mois un peu plus et transmis cette maladie », a-t-il expliqué.

« Ça va avoir des conséquences désastreuses pour les personnes concernées, pour les travailleurs sociaux, pour les bénévoles dans les associations, les personnes dans les centres de santé, etc. », a déploré le syndicaliste.