L’Europe doit faire front commun face à la Chine, dit Emmanuel Macron

Il s’agit, selon Emmanuel Macron, de montrer que, «dans un contexte international de plus en plus bousculé», une «coopération européenne» bien plus poussée est nécessaire pour peser avec efficacité face aux géants chinois et américain.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Il s’agit, selon Emmanuel Macron, de montrer que, «dans un contexte international de plus en plus bousculé», une «coopération européenne» bien plus poussée est nécessaire pour peser avec efficacité face aux géants chinois et américain.

En pleine rivalité commerciale entre Washington et Pékin, Emmanuel Macron a commencé lundi sa deuxième visite en Chine en appelant les Européens à parler et à agir ensemble pour mieux peser face aux Chinois sur les dossiers économiques.

« Il y a des agendas nationaux [...], mais plus on joue en franco-allemand et surtout en Européens, plus on a de la crédibilité et des résultats », a déclaré le chef de l’État quelques heures après son arrivée à Shanghai.

Il s’exprimait devant des chefs d’entreprise français et allemands participant à la Foire aux importations de Shanghai, un rendez-vous annuel dont la France est cette année l’invitée d’honneur.

Emmanuel Macron s’y rendra mardi matin en compagnie de son homologue chinois, Xi Jinping, qui a offert lundi soir un dîner de gala aux dirigeants invités à cette foire.

Pour ce rendez-vous commercial, le président français a tenu à être accompagné par une ministre allemande, Anja Karliczek, en charge de l’Éducation et de la Recherche, et d’un commissaire européen, l’Irlandais Phil Hogan, actuel titulaire du portefeuille de l’Agriculture et qui devrait prendre celui du Commerce dans la prochaine Commission.

Il s’agit, selon Emmanuel Macron, de montrer que, « dans un contexte international de plus en plus bousculé », une « coopération européenne » bien plus poussée est nécessaire pour peser avec efficacité face aux géants chinois et américain.

Pour lui, ce renforcement est non seulement indispensable sur les plans économique et technologique — avec notamment le dossier sensible de la 5G — mais aussi climatique. Car « si nous n’intensifions pas notre coopération, nous n’arriverons pas à avoir des résultats » après le départ des États-Unis de l’accord sur le climat, selon lui.

Mission commerciale

Après un premier déplacement à dominante diplomatique en janvier 2018, cette deuxième visite en Chine a une forte dimension commerciale avec la signature attendue d’une quarantaine d’accords entre entreprises.

Emmanuel Macron a annoncé en outre lundi qu’un accord serait signé mercredi sur les indications géographiques protégées (IGP) qui certifient l’origine des produits européens entrant sur le marché chinois.

« Attendu depuis très longtemps », cet accord représentera « une avancée très importante, qui est le résultat d’une action commune » au niveau européen, a déclaré le chef de l’État français.

« Il permet de favoriser le commerce et les échanges en protégeant nos marques, notre savoir-faire », a-t-il ajouté. Et il démontre que « nous savons bâtir, de manière réaliste, un agenda commercial positif », selon lui.

Cet accord concerne 100 IGP européennes, dont 26 françaises, notamment des vins et des fromages, qui pourront ainsi bénéficier d’une protection à leur entrée sur le marché chinois. De son côté, le président chinois cherche à renforcer ses contacts avec les Européens au moment où l’économie de son pays ralentit, un recul aggravé par la guerre commerciale avec les États-Unis.

Pour le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l’Université baptiste de Hong Kong, il ne fait pas de doute que l’offensive américaine pousse les Chinois à se rapprocher de la France et d’autres pays.

Pour autant, « les Européens seraient naïfs de croire qu’ils peuvent s’allier à la Chine contre Trump », avertit-il.

« La Chine reste un problème pour l’OMC, un facteur de déstabilisation en mer de Chine méridionale, une menace face à Taïwan et un pôle autoritaire face à Hong Kong et à nos valeurs démocratiques », estime l’auteur de « Demain la Chine, démocratie ou dictature? »