Un Brexit à l’amiable reste possible, croient les négociateurs

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a discuté mardi avec le négociateur en chef européen, Michel Barnier, lors d’une réunion au Luxembourg.
Photo: John Thys Agence France-Presse Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a discuté mardi avec le négociateur en chef européen, Michel Barnier, lors d’une réunion au Luxembourg.

Un accord reste « possible » entre Londres et l’UE pour permettre un divorce à l’amiable, mais il doit être bouclé au plus tard mercredi matin, pour être endossé lors du sommet européen de jeudi et vendredi.

Les négociateurs britanniques et européens poussent les feux pour tenter d’arriver à un accord pour le sommet de Bruxelles, avant la date fatidique du divorce fixé au 31 octobre et que Boris Johnson veut absolument respecter.

La France a salué mardi un « élan positif » dans les négociations. « Nous espérons un accord mais nous ne savons pas encore » s’il aboutira, « on l’espère d’ici ce soir », a dit un conseiller de l’Élysée.

« Les Britanniques veulent un accord et ils ont bougé sur les points de blocage. Mais il faut voir si cela sera suffisant pour être traduit dans un texte juridique. Ce n’est pas encore fait », a confié mardi à l’AFP le représentant d’un État membre lors d’une réunion des ministres européens à Luxembourg.

« Un accord est encore possible cette semaine », a assuré le négociateur de l’UE, Michel Barnier à son arrivée à Luxembourg pour informer les ministres de l’état d’avancement des discussions avec les Britanniques.

« Mais si on veut un accord pour le sommet, il faut qu’un texte juridique soit finalisé ce soir ou au plus tard demain matin », a-t-il expliqué aux ministres de l’UE.

« Des discussions détaillées sont en cours et un accord est encore très possible », a confirmé son interlocuteur britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay. Les deux responsables pilotent les négociations.

« Il est évident que tout accord doit fonctionner pour tout le monde : l’ensemble du Royaume-Uni et l’ensemble de l’Union européenne. Permettez-moi d’ajouter qu’il est grand temps de transformer les bonnes intentions en texte juridique », a insisté Michel Barnier.

« Des progrès significatifs sont encore nécessaires », a averti le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney.

« Si l’accord ne peut être conclu aujourd’hui ou demain avant le sommet, les dirigeants européens devront alors décider du type de mandat qu’ils veulent donner à Michel Barnier », a-t-il dit.

« Il est possible de continuer les négociations la semaine prochaine », a-t-il estimé. Plus de trois ans après le référendum britannique de 2016, aucun accord n’a encore été trouvé pour éviter un divorce acrimonieux.

Opposé à l’accord conclu par Theresa May qui maintenait le Royaume-Uni dans l’Union douanière de l’UE jusqu’à la conclusion d’une nouvelle relation entre les deux parties, Boris Johnson l’a rejeté une fois arrivé au pouvoir et a présenté un nouveau plan.

Les discussions en cours se concentrent sur deux points de désaccord : la manière d’éviter le retour d’une frontière entre l’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, tout en réalisant des contrôles douaniers, et le droit de regard accordé aux autorités d’Irlande du Nord sur l’accord de divorce.

La première ministre de l’Écosse veut un référendum sur l’indépendance

La première ministre écossaise a déclaré mardi qu’elle voulait organiser un référendum sur l’indépendance en 2020, estimant que le Brexit avait changé la donne depuis la victoire du « non » à un départ de l’Écosse du Royaume-Uni en 2014.

Ce scrutin « doit se produire l’an prochain et nous nous préparons », a déclaré Nicola Sturgeon dans un discours au congrès de son parti indépendantiste, le SNP, à Aberdeen. La cheffe du gouvernement écossais a ajouté qu’il n’était « pas tenable » pour Londres de refuser de donner son feu vert à l’organisation de ce vote.

Au référendum de septembre 2014, le « non » l’avait emporté avec 55 % des suffrages exprimés.

Downing Street a fait part de son opposition. Un tel vote est un « événement unique, organisé une fois par génération », a rappelé mardi un porte-parole du premier ministre britannique.

Mais la cheffe des indépendantistes écossais n’a pas perdu son objectif de vue, estimant que le Brexit a rebattu les cartes et que « le soutien » à son combat « grimpe ». Selon un sondage Panelbase paru dans l’édition écossaise du Sunday Times, la cause indépendantiste rassemble désormais 50 % des voix, un chiffre jamais atteint dans les sondages régulièrement réalisés sur ce sujet par cet institut de sondage.

En 2014, l’un des arguments en faveur du maintien de l’Écosse dans le Royaume-Uni était qu’en cas de scission, cette nation perdrait les avantages de l’appartenance à l’Union européenne.

Deux ans plus tard, au référendum de juin 2016 sur le Brexit, 62 % des Écossais se sont opposés au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne.