Démission du garde du corps personnel du pape

Le commandant du Corps de la gendarmerie de l’État du Vatican, Domenico Giani, est aussi le principal garde du corps du pape omniprésent dans tous ses déplacements. Sur cette photo d'archives, Domenico Giani lors d'un voyage en Colombie.
Photo: Paul Arboleda Archives Agence France-Presse Le commandant du Corps de la gendarmerie de l’État du Vatican, Domenico Giani, est aussi le principal garde du corps du pape omniprésent dans tous ses déplacements. Sur cette photo d'archives, Domenico Giani lors d'un voyage en Colombie.

Le pape François a accepté lundi la démission du chef de la gendarmerie vaticane Domenico Giani, également garde du corps du pape, dont une initiative prise dans le cadre d’une enquête a courroucé François.

Un magazine italien avait publié une circulaire de la gendarmerie vaticane, signée par Domenico Giani le 2 octobre, affichant les photos et noms de cinq personnes faisant l’objet d’une enquête « suspendues par précaution » de leurs fonctions, adressée aux employés de la gendarmerie et aux gardes suisses surveillant les portes de la Cité du Vatican.

« Cette publication porte préjudice à la dignité des personnes concernées et à l’image de la gendarmerie », a indiqué lundi un communiqué du Saint-Siège, qui annonce que le pape a accepté la démission de Domenico Giani.

Cette fuite de document fait désormais l’objet d’une investigation séparée, à la demande du pape.

François avait qualifié cette « diffusion illicite » de « péché mortel, car préjudiciable à la dignité des personnes et au principe de la présomption d’innocence », avait rapporté samedi soir le directeur de la salle de presse du Vatican, Matteo Bruni.

Le commandant du Corps de la gendarmerie de l’État du Vatican, Domenico Giani, est aussi le principal garde du corps du pape omniprésent dans tous ses déplacements, juché en costume sombre sur la papamobile ou courant à son côté.

L’homme de 57 ans avait commencé sa carrière dans les services secrets italiens avant de rejoindre les forces de sécurité du Vatican voici vingt ans et d’en prendre la tête en 2006. Il a notamment mis en place des formations pour d’éventuelles attaques terroristes.

Le pape a reçu le démissionnaire et l’a remercié pour sa « fidélité et sa loyauté », ainsi que son « professionnalisme », a indiqué lundi le Saint-Siège.

Début octobre, le Vatican avait annoncé la saisie de documents dans des bureaux de la secrétairerie d’État et de l’Autorité d’information financière dans le cadre d’une enquête sur des opérations financières suspectes.

Le magazine italien L’Espresso avait ensuite révélé que cinq personnes, dont le no 2 de l’autorité anti-blanchiment et un prélat, avaient été suspendues dans le cadre de cette enquête. Le journal avait publié la circulaire de la gendarmerie montrant les portraits de cinq suspects.

Selon L’Espresso, l’enquête porterait sur « des opérations immobilières à l’étranger », en particulier dans un quartier huppé de Londres.

Le journal affirme que les enquêteurs seraient en train d’analyser des mouvements financiers de comptes sur lesquels circulent les dons des fidèles faits à l’Église.