Brexit: « Nous ne sommes pas au point d’envisager un accord », dit le négociateur de l’UE

«Au moment où je vous parle, nous ne sommes pas au point d’envisager et de trouver un accord. [...] Pourtant le temps presse», a déclaré M. Barnier devant le Parlement européen.
Photo: Kenzo Tribouillard Agence France-Presse «Au moment où je vous parle, nous ne sommes pas au point d’envisager et de trouver un accord. [...] Pourtant le temps presse», a déclaré M. Barnier devant le Parlement européen.

Le négociateur de l’UE Michel Barnier a déclaré mercredi que les Européens n’étaient actuellement pas en mesure « d’envisager et de trouver un accord » avec le Royaume-Uni sur le Brexit, à une semaine d’un sommet crucial de l’Union européenne.

« Au moment où je vous parle, nous ne sommes pas au point d’envisager et de trouver un accord », a déclaré M. Barnier devant le Parlement européen. « Pourtant le temps presse », a-t-il déploré, à trois semaines de la date prévue du Brexit.

Il a estimé que la proposition britannique soulevait « trois problèmes majeurs ».

Le premier ministre britannique Boris Johnson a assuré que son plan, prévoyant que l’Irlande du Nord quitte l’union douanière européenne comme le reste du Royaume-Uni, n’entraînerait pas de contrôles douaniers à la frontière, affirmant que des procédures pouvaient être menées à d’autres endroits ou électroniquement à l’aide de nouvelles technologies.

« Ce qui nous est demandé est d’accepter un système qui n’est pas développé, pas testé, de contrôles dispersés sur l’île d’Irlande », a fustigé M. Barnier, soulignant l’importance de « contrôles douaniers, réglementaires sérieux et rigoureux à chacune des limites du marché unique et de notre union douanière ».

Il a critiqué la volonté britannique de supprimer le filet de sécurité (« backstop »), dispositif prévu dans l’accord de retrait négocié avec Theresa May permettant d’éviter une frontière physique sur l’île d’Irlande tout en préservant l’intégrité du marché unique.

Il a également dénoncé la proposition britannique prévoyant l’accord de l’exécutif et du parlement d’Irlande du Nord sur ce mécanisme.

« La proposition, que nous ne pouvons pas accepter, remplacerait une solution opérationnelle, pratique, légale, par une solution hypothétique et provisoire », a dit M. Barnier.

Il a aussi estimé que l’« accord de libre-échange basique » souhaité par M. Johnson laissait entrevoir « un risque de dumping social, fiscal, environnemental que nous n’accepterons pas ».

« Nous resterons calmes, vigilants et constructifs, respectueux du Royaume-Uni et de ceux qui le dirigent », a encore affirmé M. Barnier, qui doit déjeuner jeudi à Bruxelles avec le ministre chargé du Brexit Stephen Barclay.

« Même s’il est très difficile, s’il y a une bonne volonté des deux côtés, un accord reste possible avec les Britanniques », a-t-il conclu.