Les lords bloquent un Brexit sans accord

Boris Johnson, qui préférerait «mourir au fond d’un fossé» plutôt que de repousser le Brexit, espère que l’opposition approuve sa demande d’organiser des élections anticipées mi-octobre, afin de se donner une majorité pour sortir de l’UE le 31 octobre.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Boris Johnson, qui préférerait «mourir au fond d’un fossé» plutôt que de repousser le Brexit, espère que l’opposition approuve sa demande d’organiser des élections anticipées mi-octobre, afin de se donner une majorité pour sortir de l’UE le 31 octobre.

La Chambre des lords a adopté vendredi la proposition de loi contraignant Boris Johnson à demander un report du Brexit pour éviter une sortie sans accord de l’Union européenne (UE), au grand dam du premier ministre, qui parie sur des élections anticipées pour résoudre la crise politique.

Le texte, qui avait été adopté mercredi par les députés, doit désormais recevoir l’accord de la reine Élisabeth II, dès lundi, pour devenir loi. Il vise à repousser de trois mois le Brexit, prévu le 31 octobre, si Boris Johnson ne trouve pas un accord de divorce avec l’Union européenne d’ici le 19 octobre.

Le premier ministre, qui préférerait « mourir au fond d’un fossé » plutôt que de repousser le Brexit, espère désormais que l’opposition approuve sa demande d’organiser des élections anticipées mi-octobre, afin de se donner une majorité pour sortir de l’UE le 31 octobre — accord ou pas.

Boris Johnson faisait déjà campagne vendredi, rencontrant en Écosse des agriculteurs et des pêcheurs qui avaient soutenu le départ de l’UE lors du référendum de juin 2016, qui avait vu la victoire à 52 % du camp Leave.

Après un premier échec, le gouvernement va donc de nouveau soumettre tard lundi soir au vote des députés une motion convoquant des élections anticipées. Celle-ci doit réunir les deux tiers des voix pour être adoptée.

L’opposition se concerte

Les partis de l’opposition se concertaient vendredi en vue de ce vote. Jeremy Corbyn « a eu une conférence téléphonique positive » avec d’autres partis d’opposition sur les « efforts en cours » pour empêcher un Brexit sans accord et sur « la tenue d’élections », a précisé un porte-parole du Labour.

Un nouveau report du Brexit, initialement prévu le 29 mars et repoussé deux fois, devra toutefois être approuvé à l’unanimité des 27 autres États membres de l’UE.

Dans cette bataille féroce, Boris Johnson a remporté une victoire sur le plan judiciaire vendredi. La Haute Cour de justice à Londres a décidé de rejeter une demande d’annuler la suspension du Parlement, une décision controversée prise par le chef du gouvernement conservateur.

À 55 jours de la date prévue de Brexit, le premier ministre finlandais, Antti Rinne, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, a jugé que la possibilité d’un compromis avec Londres sur une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union « ne semble maintenant pas possible ».

« Je suis convaincu d’obtenir un accord lors du sommet » européen, a rétorqué Boris Johnson lors de son déplacement en Écosse, province qui, au contraire du reste du pays, a majoritairement voté en faveur d’un maintien dans l’UE lors du référendum de 2016.