La lutte contre l’incendie sur l’île grecque d’Eubée progresse

Les flammes ont endommagé 2400 hectares de forêt sur l’île grecque d’Eubée, dont une réserve naturelle.
Photo: Louisa Gouliamaki Agence France-Presse Les flammes ont endommagé 2400 hectares de forêt sur l’île grecque d’Eubée, dont une réserve naturelle.

Les autorités grecques ont fait état de progrès vendredi dans la lutte contre l’incendie qui ravage depuis quatre jours l’île d’Eubée, au nord-est d’Athènes, réduisant en fumée plus de 2400 hectares de forêt de pins.

« La situation semble meilleure aujourd’hui, il n’y a pas de front actif, mais nos forces restent sur place », a déclaré à l’AFP un porte-parole des pompiers, évoquant cependant « des poches de feu » subsistant dans un ravin.

L’incendie, qui s’était déclaré mardi à 3 h du matin à proximité d’une réserve naturelle, a détruit plus de 2400 hectares, dont 1000 de forêts de pin, selon une estimation citée par l’agence grecque ANA.

Le sinistre a touché notamment la forêt d’Agrilitsa, une réserve naturelle de 550 hectares. « C’est la deuxième fois que cette forêt sauvage et vierge est brûlée, pour l’instant on ne sait pas quelle proportion est détruite et quelles espèces sont touchées », a déclaré à l’AFP Yiannis Tsironis, ancien ministre délégué de l’Environnement.

« Nous devrions avoir lundi une estimation plus claire des dommages exacts », a indiqué à l’AFP le porte-parole de la protection civile, Spyros Georgiou.

Il y a eu des efforts énormes [pour contenir le feu], des efforts surhumains.

Météo favorable

Le vent a faibli vendredi et la pluie est attendue samedi sur l’île d’Eubée, ce qui devrait faciliter le travail des pompiers.

Mais « le périmètre qui doit être surveillé est vaste », a ajouté M. Georgiou.

Près de 400 pompiers, aidés de 110 véhicules, neuf avions et quatre hélicoptères bombardiers d’eau luttaient toujours vendredi matin pour venir à bout de ce sinistre sur un terrain à la végétation dense, au relief accidenté et à l’accès ardu.

Trois avions-citernes de la flotte européenne, deux venus d’Italie et un troisième d’Espagne, leur ont prêté main-forte. Mais avec l’amélioration de la situation, les trois appareils devaient être retirés des opérations dans la soirée.

« Il y a eu des efforts énormes [pour contenir le feu], des efforts surhumains », a déclaré sur Skai TV Costas Bakoyannis, le gouverneur régional sortant. Les soldats du feu sont parvenus à cantonner le feu dans un ravin près du village de Platana.

Les quelque 500 habitants de quatre villages évacués avaient tous pu regagner leurs domiciles vendredi, selon l’ANA. L’incendie n’a pas fait de victime, à l’exception d’un pompier hospitalisé pour des brûlures. Aucun dégât matériel grave n’est à déplorer, à part quatre voitures brûlées, même si certaines habitations ont été approchées par les flammes.

Enquête en cours

Une enquête a été ouverte sur l’origine du sinistre. Les responsables de la section criminelle des services d’incendie auraient trouvé des indices, tels que des bidons d’essence et des tas de branches et de bois, a rapporté le quotidien Kathimerini, précisant que trois habitants étaient en cours d’interrogatoire.

Le feu a pris quasiment simultanément à trois endroits différents à environ 1,5 km du village de Macrymalli, ce qui laisse suspecter une intention criminelle, a ajouté l’ANA.

Deux Grecs soupçonnés d’avoir allumé un ou plusieurs feux ont été arrêtés jeudi dans le Péloponnèse.

Du nord au sud, la Grèce a été touchée ces derniers jours par une série d’incendies sous l’effet combiné de températures caniculaires, de vents violents et de la sécheresse.

Certains ont sévi sur les îles de Thassos ou Elafonisso, tout près d’Athènes, ou dans les régions de Béotie et du Péloponnèse. Deux autres se sont déclarés jeudi dans le sud du pays et sur l’île de Zante.