Le Kremlin nie toute crise politique en Russie

Plus de 250 personnes ont été interpellées à la fin du rassemblement du 10 août dernier.
Photo: Associated Press Plus de 250 personnes ont été interpellées à la fin du rassemblement du 10 août dernier.

Le Kremlin, confronté depuis un mois au plus fort mouvement de contestation du pouvoir en Russie de ces dernières années, a réfuté mardi toute « crise politique » et défendu la fermeté de la police, accusée de violences envers les manifestants. Chaque fin de semaine depuis la mi-juillet, des milliers de personnes se mobilisent à l’appel de l’opposition à Moscou pour dénoncer l’exclusion des candidats indépendants aux élections locales du 8 septembre.

Certaines manifestations, non autorisées, se sont soldées par des centaines d’arrestations. La plupart des figures de l’opposition, dont Alexeï Navalny, ont été condamnées à de courts séjours en prison et une enquête pour « troubles massifs » a été diligentée, ouvrant la voie à des peines de plusieurs années de privation de liberté.

Réagissant pour la première fois à ce mouvement sans précédent depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012, son porte-parole Dmitri Peskov s’est dit « [en désaccord] avec ceux qui qualifient ce qui se passe de crise politique ». « Des manifestations ont lieu dans beaucoup de pays du monde, dans plusieurs capitales européennes », a-t-il rappelé. « Mais on ne peut pas associer cela à une crise quelconque ». Dmitri Peskov a invité à distinguer les « actions [de protestation, NDLR] autorisées » de celles qui pourraient être qualifiées de « tentatives d’organiser et d’entraîner les gens dans des troubles publics ». « Nous jugeons tout à fait inacceptable le recours excessif à la force par la police, mais nous jugeons tout à fait justifiée la fermeté des forces de l’ordre visant à mettre un terme aux troubles publics ».

La dernière en date, et la plus importante, des manifestations organisées pour réclamer des élections libres a réuni samedi à Moscou jusqu’à 60 000 personnes. Et plus de 250 personnes ont été interpellées à la fin du rassemblement. Les images d’une jeune femme violemment frappée à l’estomac par un policier, sans raison apparente, pendant cette manifestation ont suscité l’indignation, au point que le ministère de l’Intérieur a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête. Devant le tribunal qui devait la juger mardi pour infraction aux règles encadrant les manifestations, son avocate a déclaré qu’elle avait été victime d’une commotion cérébrale et rejetait les charges la visant. Le Kremlin accorde son attention à « tous les matériaux sur lesquels on voit de manière évidente des actions qui font l’objet d’une enquête », comme à ceux où l’on constate « la désobéissance et l’agression envers les forces de l’ordre », a assuré M. Peskov. « Mais seul le tribunal a le droit de rendre un jugement », a-t-il ajouté.