Boris Johnson tente d’apaiser les inquiétudes en Irlande du Nord

Mercredi dernier, Boris Johnson (à droite sur la photo) a nommé Julian Smith (à gauche) secrétaire d'État pour l'Irlande du Nord, un poste rattaché au Royaume-Uni.
Photo: Pool / Agence France-Presse Mercredi dernier, Boris Johnson (à droite sur la photo) a nommé Julian Smith (à gauche) secrétaire d'État pour l'Irlande du Nord, un poste rattaché au Royaume-Uni.

Le nouveau premier ministre britannique Boris Johnson a rencontré mercredi les chefs des principaux partis d’Irlande du Nord, où il tente d’apaiser les inquiétudes sur l’avenir de la frontière irlandaise en cas de Brexit sans accord.

Après le Brexit, les 500 kilomètres qui séparent la province britannique d’Irlande du Nord de la République d’Irlande, État membre de l’Union européenne, vont devenir la seule frontière terrestre entre l’UE et le Royaume-Uni. Les craintes, des deux côtés, portent sur le retour d’une frontière physique.

Au cours de ses rencontres avec les responsables politiques locaux, M. Johnson a réaffirmé qu’« il n’y aurait en aucun cas de contrôles physiques ou d’infrastructures à la frontière », a indiqué Downing Street.

Et ce, même en cas de Brexit sans accord, et donc, même sans le « filet de sécurité » (backstop, en anglais) irlandais prévu dans l’Accord de retrait conclu en novembre 2018 entre l’ex-première ministre Theresa May et Bruxelles.

Pour Boris Johnson, « le backstop est mort ». Il veut renégocier un accord de sortie sans cette disposition, ce que l’UE exclut. S’il échoue, il a affirmé que son pays quitterait l’UE le 31 octobre, accord ou pas.

Après avoir dit à plusieurs reprises qu’il attendait un geste de l’UE, le dirigeant conservateur a envoyé mercredi David Frost, un conseiller, réclamer « en personne » à Bruxelles « l’abolition » du backstop, selon un porte-parole. D’après une porte-parole de la Commission européenne, il va rencontrer les conseillers du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et du négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier.

Discorde sur le « filet de sécurité »

Ce mécanisme de dernier recours, destiné justement à éviter le retour d’une frontière physique, crée un « territoire douanier unique » englobant l’UE et le Royaume-Uni, au sein duquel il n’y aurait aucun quota ni droits de douane pour les biens industriels et agricoles. L’Irlande du Nord resterait en outre alignée sur un nombre limité de règles du marché unique européen, par exemple les normes sanitaires pour les contrôles vétérinaires.

L’UE a refusé de lui fixer une date butoir mais le mécanisme n’est censé intervenir qu’en dernier recours et être temporaire, jusqu’à ce que les deux parties s’entendent sur une autre solution.

Cette clause est l’un des points de crispation majeurs de l’accord, en particulier pour le parti unioniste (probritannique) nord-irlandais DUP, allié indispensable des conservateurs au Parlement.