Les autorités russes haussent le ton avant une manifestation

La manifestation de samedi avait été fermement réprimée par la police et semble démontrer la détermination des autorités à tuer dans l’oeuf tout mouvement de contestation lié aux élections locales du 8 septembre.
Photo: Kirill Kudryavtsev Agence France-Presse La manifestation de samedi avait été fermement réprimée par la police et semble démontrer la détermination des autorités à tuer dans l’oeuf tout mouvement de contestation lié aux élections locales du 8 septembre.

Les autorités russes ont haussé le ton mardi contre l’opposition, qui prépare une nouvelle manifestation le 3 août à Moscou pour exiger le droit de pouvoir participer aux élections locales, après un rassemblement fermement réprimé par la police pendant le week-end.

Le Parquet général, le puissant Comité d’enquête et le maire de Moscou se sont succédé mardi pour avertir les partisans de l’opposition, dont les principaux meneurs sont déjà en prison à la suite de la manifestation de samedi dernier.

Celle-ci s’est soldée par près de 1400 arrestations, du jamais vu depuis le retour du président Vladimir Poutine au Kremlin en 2012.

D’ores et déjà, une menace très concrète et très lourde pèse sur les protestataires puisque les enquêteurs russes ont annoncé avoir ouvert une enquête pour « troubles massifs », une procédure qui peut aboutir à des peines atteignant 15 ans de prison.

Ils ont également accusé les manifestants de « grossière violation de l’ordre public, de violences contre les forces de l’ordre » et d’avoir perturbé la circulation automobile sur le boulevard périphérique de la capitale russe samedi.

Le Parquet général a de son côté appelé à réagir « avec sévérité » aux prochaines manifestations qui n’auront pas reçu l’aval des autorités. Son patron, Iouri Tchaïka, a invité ses collègues à prendre des « mesures efficaces de contrôle » afin que « les événements qui se sont récemment produits à Moscou ne se reproduisent pas ».

Répression

La manifestation de samedi dernier, non autorisée, avait été fermement réprimée par la police et semble démontrer la détermination des autorités à tuer dans l’oeuf tout mouvement de contestation lié aux élections locales du 8 septembre, auquel la plupart des figures de l’opposition moscovite ont été empêchées de participer.

La maire de Moscou, Sergueï Sobianine, loyal au Kremlin, a accusé l’opposition de « préparer une nouvelle provocation » le 3 août et remercié les policiers d’avoir réprimé la manifestation de samedi dernier, au cours de laquelle ils ont, selon lui, « été obligés d’utiliser la force » et se sont comportés « de manière adéquate ».

Les tribunaux russes ont annoncé mardi avoir ordonné une soixantaine de détentions provisoires et condamné plus de 160 personnes à des amendes après cette manifestation.

Avant même le rassemblement de samedi, le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, avait été condamné la semaine dernière à 30 jours de prison pour des appels à manifester. Hospitalisé dimanche à la suite d’une « grave réaction allergique » avant d’être renvoyé en cellule, il n’a pas exclu d’avoir été « empoisonné ».