Pedro Sánchez met la barre à gauche pour être reconduit au pouvoir

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez
Photo: Oscar Del Pozo Agence France-Presse Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez

Le chef du gouvernement espagnol sortant, le socialiste Pedro Sánchez, a posé lundi les bases d’un programme de gouvernement aux forts accents sociaux, pour séduire le parti Podemos et être reconduit au pouvoir cette semaine.

Mais la réponse de la gauche radicale augure mal de l’issue des négociations qui se poursuivent entre les deux forces.

Devant la Chambre des députés, dont il ne s’est pas encore assuré le soutien, Pedro Sánchez a multiplié les promesses, dont beaucoup rejoignent les revendications de Podemos : à nouveau augmenter le salaire minimum, fixé à 1050 euros par mois depuis janvier dernier, réindexer les retraites sur la hausse des prix, porter l’investissement dans la recherche et le développement de 1,2 % à 2 % du PIB…

Il s’est cependant fixé un objectif strict de réduction du déficit et de la dette publics, respectivement à 2 % et à 95,8 % du PIB d’ici à la fin de l’année, comme pour rassurer les marchés.

Son Parti socialiste, qui a élu 123 députés sur 350 aux législatives d’avril, s’est lancé vendredi dans des négociations de dernière minute pour obtenir les indispensables voix des 42 députés de la gauche radicale pendant le vote d’investiture.

Pedro Sánchez a proposé des mesures populaires au sein de l’électorat de gauche : abrogation d’une loi sécuritaire controversée, contrôle de l’augmentation des loyers et des jeux d’argent, loi sur l’euthanasie…

Si les discussions aboutissent, l’Espagne aura son premier gouvernement de coalition et ses premiers ministres de gauche radicale depuis qu’elle est redevenue démocratique après la mort du dictateur Francisco Franco.

« Nous sommes en train de constater que ce n’est pas simple de trouver un point d’accord, mais rien de ce qui vaut la peine n’est facile », a dit Pedro Sánchez au groupe de Podemos.

Désaccord

Mais le chef de Podemos, Pablo Iglesias, qui a débloqué vendredi les négociations en renonçant à faire partie du prochain gouvernement comme l’exigeait Pedro Sánchez, ne s’est pas montré satisfait de ces propositions.

« Nous n’allons pas nous laisser piétiner ni humilier par qui que ce soit », a lâché le tribun, de plus en plus tranchant au fil d’échanges prenant parfois des airs de négociation en public.

« Vous allez […] rendre la tâche très difficile » au gouvernement, lui a rétorqué le candidat à la présidence, tout en se disant « disposé à courir ce risque ».

Si les tractations échouent, Pedro Sánchez aura encore deux mois pour tenter à nouveau d’être investi, faute de quoi les Espagnols devront retourner aux urnes.

Mardi, les groupes parlementaires continueront à répondre au discours de politique générale du socialiste. Puis, ils voteront une première fois, un premier tour que Pedro Sánchez n’a pratiquement aucune chance de remporter. C’est au second tour, jeudi, pour lequel il a seulement besoin d’une majorité simple, qu’il devra s’être assuré des soutiens suffisants.