Grand oral au Parlement européen pour von der Leyen, les Verts pas convaincus

Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker le 1er novembre, Ursula von der Leyen doit absolument convaincre les élus européens, plutôt frustrés par la façon dont elle a été désignée.
Photo: Francisco Seco Associated Press Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker le 1er novembre, Ursula von der Leyen doit absolument convaincre les élus européens, plutôt frustrés par la façon dont elle a été désignée.

L’Allemande Ursula von der Leyen, candidate à la présidence de la Commission européenne, a passé mercredi son grand oral au Parlement européen, un examen crucial à l’issue incertaine qui l’a vue promettre qu’il y aurait autant de femmes que d’hommes aux manettes de l’Europe.

Sur le Brexit, elle s’est dite prête à accorder plus de temps au Royaume-Uni, alors que le divorce avec Londres a été reporté au 31 octobre. « Si le Royaume-Uni a besoin de plus de temps, je suis d’accord pour lui accorder plus de temps. Un Brexit sans accord serait catastrophique », a déclaré celle qui pourrait devenir la première femme à présider l’exécutif européen.

Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker le 1er novembre, cette proche de la chancelière Angela Merkel doit absolument convaincre les élus européens, plutôt frustrés par la façon dont elle a été désignée. Il lui faut obtenir la majorité absolue au Parlement, qui est d’au moins 374 voix. Or, ce résultat n’a rien d’acquis à l’heure actuelle. Les dirigeants de l’UE l’ont désignée le 2 juillet durant un sommet européen d’une durée exceptionnelle de trois jours, créant la surprise et faisant fi des candidats présentés par les eurodéputés. Pour être confirmée, Mme von der Leyen devra rallier les suffrages des trois grands groupes : PPE, socialiste et libéro-centriste de Renew Europe.

Mercredi matin, elle a commencé sa tournée par un huis clos avec les sociaux-démocrates, qui ont annoncé à l’issue de son audition une décision la semaine prochaine concernant leur soutien. Malgré les fortes réserves à son égard de ses compatriotes du parti SPD, plusieurs participants partaient du principe que la majeure partie de ce groupe voterait pour elle. Mme von der Leyen a ensuite répondu aux questions des libéro-centristes de Renew Europe durant une audition intégralement diffusée sur Internet, comme celle des Verts ensuite.

S’exprimant la plupart du temps dans un excellent anglais, mais aussi parfois en allemand et en français, Mme von der Leyen a insisté sur sa volonté de mettre en place la première Commission européenne de l’histoire totalement paritaire. Ceci ne dépend toutefois pas totalement d’elle, puisque ce sont les États membres qui désignent eux-mêmes leur commissaire. Devant un auditoire plutôt bien disposé à son égard, elle a promis aux élus centristes libéraux que la Danoise Margrethe Vestager, qui avait été leur candidate pour la Commission européenne, serait l’une des vice-présidentes.

Pas de soutien des verts

Sur le dossier de l’immigration, elle a plaidé pour renforcer plus rapidement l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes Frontex. « Je pense qu’avoir 10 000 personnes travaillant pour Frontex en 2027, c’est bien trop tard. Il faut que cela soit bien plus tôt », a-t-elle dit.

Sur le climat, elle a souhaité que l’Europe soit « le premier continent neutre » en carbone en 2050. Durant son audition chez les verts, Mme von der Leyen a dû faire face à des questions beaucoup plus incisives. Sa prestation n’a pas convaincu et ceux-ci ont annoncé qu’ils voteraient contre elle. « Nous avons été élus sur un mandat de changement et nous ne voyons pas comment le changement serait possible avec cette candidate », a déclaré la coprésidente des verts, l’Allemande Ska Keller.

Pour l’instant, le vote au Parlement européen à Strasbourg sur sa candidature est prévu mardi ou mercredi prochain. Il n’est toutefois pas exclu que Mme von der Leyen préfère reporter cette élection à septembre, si elle estime avoir besoin de plus de temps pour convaincre.