En France, les parents de Vincent Lambert se résignent à sa mort

La famille Lambert s’affronte sur le sort de Vincent depuis dix ans devant les tribunaux.
Photo: Fançois Nascimbeni Agence France-Presse La famille Lambert s’affronte sur le sort de Vincent depuis dix ans devant les tribunaux.

Les parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis presque 11 ans et devenu le symbole du débat en France sur la fin de vie, se sont résignés lundi à la mort « inéluctable » de leur fils, après l’arrêt des traitements le maintenant en vie. « La mort de Vincent est désormais inéluctable » et « nous ne pouvons que nous [y] résigner », ont déclaré lundi ses parents dans une lettre ouverte communiquée à l’AFP par l’un de leurs avocats.

« Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d’ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l’ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain », écrivent Viviane et Pierre Lambert ainsi que la soeur de Vincent, Anne Lambert, et son demi-frère David Philippon dans ce courrier adressé à leurs « amis » qui les ont « tant soutenus » ces dernières années.

Le cas de Vincent Lambert, ancien infirmier de 42 ans, victime d’un accident de la route en 2008, devenu tétraplégique en état végétatif et hospitalisé à Reims, était devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France. C’est aussi l’histoire d’un déchirement familial. La famille Lambert s’affronte depuis dix ans sur son cas, devant les tribunaux. L’épouse est soutenue par six frères et soeurs et un neveu du patient, qui entendent mettre fin à un « acharnement thérapeutique » et affirment qu’avant son accident, Vincent Lambert avait dit souhaiter ne jamais en être victime. Selon eux, Vincent leur avait confié oralement préférer mourir que vivre « comme un légume ». Il n’a toutefois jamais rédigé de directive anticipée.

De leur côté les parents, Viviane et Pierre Lambert, fervents catholiques proches des milieux intégristes, et deux autres de leurs enfants, estiment pour leur part que Vincent est handicapé et non « pas en fin de vie, ni un légume », et demandaient qu’il soit transféré dans un établissement spécialisé.

Le médecin de Vincent Lambert a engagé mardi 2 juillet un nouvel arrêt des traitements, appliqué depuis mercredi soir. Cette décision a été rendue possible le 28 juin par la Cour de cassation. Le protocole médical prévoit notamment l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition par sonde du patient, ainsi qu’une « sédation profonde et continue ». La mère de Vincent Lambert, militante catholique, s’est tournée vers l’ONU à Genève en affirmant que son fils serait « euthanasié par un médecin en raison de son handicap cérébral ».

La résignation des parents intervient alors que, dimanche, le père de Vincent Lambert avait dénoncé un « assassinat déguisé » en cours. Sortant de la chambre de Vincent Lambert au moment de la publication de la lettre de leurs parents, sa soeur Marie a en revanche salué « une sage décision ». Le neveu de Vincent Lambert, François, s’est quant à lui dit « soulagé ».