L’arrêt des soins, un «assassinat»?

«C’est un assassinat déguisé, une euthanasie», a déclaré Pierre Lambert aux journalistes en arrivant dimanche au centre hospitalier Sébastopol de Reims.
Photo: François Nascimbeni Agence France-Presse «C’est un assassinat déguisé, une euthanasie», a déclaré Pierre Lambert aux journalistes en arrivant dimanche au centre hospitalier Sébastopol de Reims.

Pierre Lambert, le père du Français Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis un accident de la route en 2008 et devenu le symbole du débat en France sur la fin de vie, a dénoncé dimanche l’« assassinat » en cours de son fils, dont les traitements de maintien en vie ont été arrêtés en début de semaine.

Le docteur Sanchez, médecin au CHU de Reims, a annoncé le mardi 2 juillet un nouvel arrêt des traitements de Vincent Lambert.

« C’est un assassinat déguisé, une euthanasie », a déclaré Pierre Lambert aux journalistes en arrivant dimanche au centre hospitalier Sébastopol de Reims, avant de se rendre au chevet de son fils, âgé de 42 ans.

Sa femme, Viviane Lambert, est arrivée en voiture au même moment sans faire de déclaration, a constaté l’AFP. Quelques minutes plus tard, David Philippon, le demi-frère de Vincent, et Anne Lambert, sa soeur, sont à leur tour arrivés en voiture.

Le médecin de Vincent Lambert a engagé mardi un nouvel arrêt des traitements, rendu possible le 28 juin par la Cour de cassation française.

Ce protocole médical prévoit notamment l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition par sonde du patient, ainsi qu’une « sédation profondeet continue ».

Ses parents, qui estiment que leur fils est handicapé et doit être placé en établissement spécialisé, ont multiplié les tentatives pour interrompre le processus. Mais après le rejet par un tribunal administratif d’un nouveau recours en urgence, leurs chances de voir leur requête aboutir s’amenuisent.

Un rassemblement a été appelé à Paris lundi après-midi, en présence des avocats des parents, Jérôme Triomphe et Jean Paillot.

La famille de Vincent Lambert est déchirée par des années d’une tragique bataille judiciaire.

Son épouse Rachel est soutenue par six frères et soeurs et un neveu de Vincent, François Lambert, qui entendent mettre fin à cet « acharnement thérapeutique » et affirment que Vincent Lambert, un ancien infirmier psychiatrique, avait pris position en ce sens.

Ce dernier n’avait toutefois pas laissé de directive anticipée.