Après l’éruption du Stromboli, l’île italienne se réveille sous les cendres

Deux énormes explosions ont projeté un panache de fumée à 2 km de haut, mercredi après-midi, sur l'île de Stromboli.
Photo: Twitter / @mariocalabresi Deux énormes explosions ont projeté un panache de fumée à 2 km de haut, mercredi après-midi, sur l'île de Stromboli.

Le petit village italien de Ginostra, au pied du Stromboli, s’est réveillé sous les cendres et quasi vide jeudi, au lendemain de la spectaculaire éruption du volcan qui a tué un randonneur de 35 ans.

Seules quelques fumées s’échappaient du volcan, au lendemain des deux énormes explosions qui avaient projeté un panache de fumée à 2 km de haut mercredi après-midi.

Dans les airs, des avions Canadair ont continué à larguer de l’eau pour finir d’éteindre les différents incendies déclenchés par les projections de lave et de pierres brûlantes.

Depuis l’éruption, « on a fait 320 largages », a expliqué en début de matinée Giovanni Giacoppo, responsable des garde-forestiers qui coordonne leur ballet depuis le sol.

Non loin de lui, des pompiers tentaient de déblayer l’épaisse couche de cendres qui recouvre Ginostra et ses alentours, tandis que des bénévoles dégageaient les routes.

Sur une plage avoisinante, quelques touristes retournaient à l’eau.

Scientifiques et résidents assurent que le volcan a retrouvé son calme et qu’une nouvelle éruption, sans être totalement exclue, n’était pas dans les habitudes du Stromboli.

Mercredi soir, environ 70 personnes ont été évacuées de Ginostra, la commune la plus touchée sur le versant sud-ouest du volcan, et près d’un millier de touristes ont pris d’assaut les cinq vedettes assurant la liaison avec la côte calabraise dans la soirée.

Certains sont partis dans la panique, abandonnant sur l’île leurs papiers et bagages.

« C’était comme être en enfer, avec une pluie de feu qui tombait du ciel », a raconté à la presse le prêtre de l’île, Giovanni Longo. Les gens se sont barricadés dans les maisons ou jetés à la mer. Des secouristes ont expliqué jeudi que se jeter à l’eau dans une telle situation était risqué, compte tenu des petits tsunamis que certaines éruptions avaient provoqués par le passé.

Outre plusieurs blessés légers, l’éruption a fait un mort, Massimo Imbesi, un Sicilien de 35 ans passionné de photographie qui était parti en randonnée sur le volcan, en compagnie d’un jeune Brésilien rencontré le jour même.

Photo: Giovanni Isolino Agence France-Presse Des avions continuent de larguer de l’eau pour éteindre les différents incendies déclenchés par les projections de lave et de pierres brûlantes.

Selon les secouristes, il a probablement été piégé par les chutes de pierres et asphyxié par les gaz. Le jeune Brésilien a en revanche survécu, déshydraté et sous le choc.

L’île volcanique de Stromboli, d’une superficie de 12,6 km², compte environ 500 habitants. Elle attire chaque année de nombreux touristes dès le début du printemps.

Selon l’Institut national italien de géophysique (INVG), les deux énormes explosions se sont produites mercredi sur le versant centre-sud du cratère du volcan autour de 16 h 46 (10 h 46 à Montréal). Elles ont été précédées de coulées de lave.

« Ce sont des phénomènes appelés paroxystiques, ils sont rares. Cela s’est produit en 1919, en 1930 et récemment en 2003 et en 2007 », a expliqué à la presse Giuseppe Salerno, un vulcanologue de l’INGV, précisant que le volcan, pourtant très surveillé, n’avait donné aucun signe avant-coureur de son brusque accès de colère.