«Sois un homme», Boris

Le débat auquel Boris Johnson a été invité aura lieu demain soir sur SkyNews.
Photo: Oli Scarff Agence France-Presse Le débat auquel Boris Johnson a été invité aura lieu demain soir sur SkyNews.

« Sois un homme » : le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, candidat au poste de premier ministre, a pressé lundi son rival Boris Johnson, embourbé dans une affaire de scène de ménage, de ne pas fuir les questions.

Les deux rivaux, engagés dans la course à la succession de la première ministre conservatrice, Theresa May, ont été invités par SkyNews à un débat télévisé mardi, mais Boris Johnson a décliné cette invitation. En son absence, l’émission n’aura pas lieu, a indiqué la chaîne.

Ce refus a donné du grain à moudre à ses détracteurs, qui accusent régulièrement l’ancien maire de Londres, favori pour succéder à Mme May, de fuir les apparitions en présence de contradicteurs.

Le « débat auquel Boris a été invité aura lieu demain soir sur SkyNews. J’y serai. Alors, ne sois pas un lâche, Boris, sois un homme et montre à la nation comment tu es capable de répondre à l’examen minutieux qu’implique la fonction la plus difficile du pays », a déclaré Jeremy Hunt dans le Times.

L’attaque s’inscrit dans le droit fil de la stratégie de campagne de M. Hunt, qui joue la carte du candidat « sérieux », face à un Boris Johnson traînant derrière lui une longue liste de gaffes.

M. Hunt refuse cependant d’évoquer la récente scène de ménage entre Boris Johnson et sa compagne, Carrie Symonds, la semaine dernière. « Débattre de la vie privée de Boris ne m’intéresse pas. Mais je veux l’interroger sur la façon dont il peut “ garantir ” que nous quitterons l’UE le 31 octobre si le Parlement vote contre un no deal », a déclaré M. Hunt.

Initialement prévu le 29 mars, le Brexit a été reporté au 31 octobre après trois rejets par les députés britanniques de l’accord de divorce négocié avec Bruxelles par Theresa May.

Alors que M. Hunt n’exclut pas un nouveau bref report, si un accord renégocié est à portée de main, Boris Johnson a répété lundi que le Royaume-Uni devait quitter l’UE le 31 octobre « quoi qu’il arrive », dans sa tribune hebdomadaire du Telegraph.

Un « no deal » pourrait toutefois lui coûter cher, a prévenu à la BBC le secrétaire d’État à la Défense, Tobias Ellwood, selon qui une douzaine de députés conservateurs pourraient se joindre à l’opposition travailliste pour voter une motion de censure et faire tomber le gouvernement.

MM. Hunt et Johnson seront départagés d’ici fin juillet par les 160 000 membres du Parti conservateur.