Boris Johnson et Jeremy Hunt en finale pour succéder à Theresa May

L’ex-maire de Londres Boris Johnson s'est dit «profondément honoré d’avoir obtenu plus de 50% des suffrages» lors du dernier tour de vote. 
Photo: Ben Stansall Agence France-Presse L’ex-maire de Londres Boris Johnson s'est dit «profondément honoré d’avoir obtenu plus de 50% des suffrages» lors du dernier tour de vote. 

Il n’en reste plus que deux : le chouchou des pro-Brexit, Boris Johnson, affrontera le chef de la diplomatie Jeremy Hunt en finale pour succéder à la première ministre britannique Theresa May le mois prochain.

Lors du dernier tour de vote, jeudi après-midi, l’ex-maire de Londres a conforté sa large avance, avec 160 voix sur 313, suivi, loin derrière, par Jeremy Hunt, 77 voix, qui n’a battu que d’un cheveu le 3e candidat, le ministre de l’Environnement Michael Gove, 75 voix, et un bulletin nul.

Ex-ministre des Affaires étrangères de Mme May, Johnson s’est dit sur Twitter « profondément honoré d’avoir obtenu plus de 50 % des suffrages ». Il avait déjà survolé les précédents tours de ce scrutin destiné à désigner le prochain chef du Parti conservateur, à qui reviendront les clefs du 10, Downing Street, mais aussi l’épineux dossier du Brexit, programmé pour le 31 octobre.

« Je mesure la responsabilité qui pèse sur mes épaules : montrer à mon parti comment nous pouvons mettre en oeuvre le Brexit sans provoquer une élection », a réagi Jeremy Hunt sur le même réseau social.

Plus modéré que son rival, M. Hunt compte renégocier l’accord de sortie conclu en novembre avec Bruxelles. Il est disposé à repousser la date du Brexit, fixée au 31 octobre, si les dirigeants européens acceptent de rouvrir les négociations. Mais il est aussi prêt à quitter l’Union européenne sans accord s’ils refusent.

Boris Johnson veut, lui, que le Royaume-Uni quitte l’UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Et il menace de ne pas payer la facture du Brexit — un montant évalué à entre 40 et 45 milliards d’euros (entre 60 et 68 milliards de dollars canadiens) — si l’UE n’accepte pas de meilleures conditions pour son pays.

Campagne nationale

Au cours des prochaines semaines, Boris Johnson et Jeremy Hunt sillonneront le pays pour convaincre les 160 000 membres du Parti conservateur, qui doivent les départager d’ici la fin juillet.

Samedi, ils s’exprimeront devant des militants conservateurs à Birmingham (centre de l’Angleterre), premier d’une série de 16 débats qui seront organisés partout dans le pays. Ils participeront aussi à un débat télévisé le 9 juillet à ITV.

Mais le suspense semble bien mince : pour « la plupart de ses collègues », il est « maintenant presque inévitable que [Boris Johnson] sera le prochain premier ministre britannique », souligne le quotidien The Guardian.

La mise en oeuvre du Brexit sera la priorité absolue du nouveau chef de l’exécutif, trois ans après le référendum de juin 2016 qui avait vu les Britanniques voter à 52 % pour ce divorce historique.

Incapable d’y parvenir, Theresa May a démissionné le 7 juin de ses fonctions de chef du Parti conservateur, après trois rejets successifs par les députés de l’accord de retrait qu’elle a négocié avec Bruxelles.

Dans un pays déboussolé par ces atermoiements, Boris Johnson, 55 ans, jouit du soutien de nombreux militants de la base du Parti conservateur, qui voient en lui le chef idoine pour remettre le Brexit sur les rails.

Et même si ses gaffes à répétition et son discours aux accents populistes agacent, beaucoup le considèrent comme un rempart au Parti du Brexit de l’europhobe Nigel Farage, grand vainqueur des élections européennes au Royaume-Uni, et à l’opposition travailliste de Jeremy Corbyn.

Face à Boris Johnson, Jeremy Hunt, 52 ans, se pose en candidature de rechange « sérieuse », mettant en avant ses succès d’entrepreneur et sa longue carrière politique. Les noms des deux finalistes ont été annoncés alors que la première ministre Theresa May se trouvait à Bruxelles pour participer à ce qui est vraisemblablement son dernier sommet européen.

Présent à cette réunion, le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a prévenu que « certains de [ses] collègues [dirigeants] de l’UE ont perdu patience […] avec le Royaume-Uni » et qu’« il y a une hostilité énorme à tout report supplémentaire » de la date du divorce.