Possible attentat d’extrême droite en Allemagne

Walter Lübcke, 65 ans, a été retrouvé mort le 2 juin sur la terrasse de sa maison à Wolfhagen, dans la banlieue de Kassel. Il avait reçu une balle tirée à bout portant. Ses funérailles ont été célébrées le 13 juin dernier.
Photo: Swen Pförtner Archives Agence France-Presse Walter Lübcke, 65 ans, a été retrouvé mort le 2 juin sur la terrasse de sa maison à Wolfhagen, dans la banlieue de Kassel. Il avait reçu une balle tirée à bout portant. Ses funérailles ont été célébrées le 13 juin dernier.

L’enquête sur le meurtre, au début du mois, d’un élu local allemand pro-migrants, membre du parti conservateur CDU d’Angela Merkel, s’oriente vers la piste d’un « attentat politique » d’extrême droite.

« Selon l’état actuel des investigations, il y a assez d’éléments pour parler d’un arrière-plan d’extrême droite » au sujet du meurtre de ce responsable politique, pour lequel un suspect de 45 ans a été arrêté au cours du week-end, a indiqué lundi le parquet antiterroriste allemand dans un communiqué.

La chancelière Angela Merkel, qui s’exprimait à Berlin à l’issue d’une rencontre avec des syndicats, a qualifié la nouvelle de « déprimante ». « J’espère que nous pourrons bientôt faire toute la clarté » dans cette affaire, a-t-elle ajouté, soulignant que « les soupçons devaient être désormais vérifiés de façon intensive ».

Le suspect interpellé et écroué, identifié comme Stefan E., a été confondu par des traces de son ADN retrouvées sur les vêtements de la victime.

Les enquêteurs s’appuient en particulier sur les déclarations publiques et le passé du suspect, un homme lié, au moins à une époque, aux milieux néonazis et déjà condamné pour des faits de violences, notamment contre un foyer de migrants.

Les enquêteurs tentent de déterminer s’il a agi avec des complices, a précisé le parquet, mais pour le moment « il n’y a aucun élément montrant que le suspect ait pu » agir dans le cadre d’un « groupuscule d’extrême droite » formé à cet effet.

Le suspect, père de deux enfants, a entre autres été condamné dans le passé pour une tentative d’attaque à l’engin explosif d’un foyer pour migrants en 1993, a révélé lundi Zeit Online.

Pro-migrants

Walter Lübcke, un élu local et haut fonctionnaire territorial de 65 ans, a été retrouvé mort le 2 juin sur la terrasse de sa maison à Wolfhagen, dans la banlieue de Kassel. Il avait reçu une balle tirée à bout portant et baignait dans une mare de sang.

Membre du parti démocrate-chrétien d’Angela Merkel, M. Lübcke s’était fait remarquer sur la question migratoire en défendant haut et fort, au nom des valeurs chrétiennes, la décision de la chancelière d’ouvrir les portes du pays en 2015 aux demandeurs d’asile.

En octobre de cette année-là, il avait même invité les Allemands ne partageant pas ses valeurs à quitter le pays, ce qui lui avait valu les foudres de l’extrême droite et des menaces de mort.

Plusieurs partis de gauche ont demandé lundi la tenue d’une session spéciale d’une commission au Parlement fédéral sur cette affaire.