En Suisse, une marée violette féministe réclame l’égalité salariale

<p>Des milliers et des milliers de manifestantes vêtues de violet se sont mobilisées vendredi en Suisse pour défendre leurs droits et réclamer l’égalité salariale.</p>
Photo: Stefan Wermuth Agence France-Presse

Des milliers et des milliers de manifestantes vêtues de violet se sont mobilisées vendredi en Suisse pour défendre leurs droits et réclamer l’égalité salariale.

Des « centaines de milliers de femmes » se sont mobilisées vendredi en Suisse pour défendre leurs droits et réclamer l’égalité salariale, ont annoncé les organisateurs de ce mouvement.

Les manifestantes, vêtues de violet, brandissaient des slogans féministes tels que « A bas le patriarcat », « My body is mine » (mon corps m’appartient) ou « Harry Potter serait mort si Hermione n’existait pas ».

Circulation des tramways bloquée à Zurich, cathédrale illuminée de rose à Lausanne, poing levé féministe projeté sur un gratte-ciel à Bâle… Près de 30 ans après leur dernière grève historique, les femmes suisses sont passées à l’action pour dénoncer aussi les violences sexistes et défendre la reconnaissance des tâches domestiques.

« Le 14 juin 2019 entre dans l’histoire récente de la Suisse comme la plus grande manifestation politique. En considérant l’ensemble de la journée, plusieurs centaines de milliers de femmes ont pris part aux actions, grèves et débrayages de la Grève des femmes », a écrit dans un communiqué l’Union syndicale suisse.

L’organisation souligne que la mobilisation a concerné plusieurs grandes villes de Suisse : Zurich (70 000 manifestants), Bâle (40 000), Berne (40 000), Lausanne (60 000) et Genève (20 000).

Le point d’orgue de la mobilisation a été une marche en fin de journée dans plusieurs villes, dont Berne, devant le siège du gouvernement et du Parlement.

Aurelia, une lycéenne de 16 ans participant au défilé à Genève, veut dénoncer « l’hypersexualisation du corps de la femme » dans la société et en particulier sur les réseaux sociaux.

Oceane Schaub, 22 ans, qui défile seins nus, manifeste « parce qu’elle a envie de me balader torse nu tout le temps, comme les hommes ». « Je pense que le fait que je suis là, torse nu, peut choquer et changer des choses… J’ai des seins comme j’ai des mains et des pieds », ajoute-t-elle.

À Berne, les députés ont symboliquement interrompu leurs débats pendant 15 minutes. De nombreux parlementaires étaient vêtus de violet, tout comme la ministre de la Défense, Viola Amherd. La ministre de la Police et Justice, Simonetta Sommaruga, a quant à elle salué les militantes à la gare locale.

À Lausanne, la mobilisation a débuté dans la nuit à la cathédrale où les femmes ont fait sonner des cloches sur le parvis. Un feu de joie a été allumé et l’édifice religieux illuminé. 500 personnes ont ensuite bloqué un pont.

Dans de nombreuses cités, les femmes se sont rassemblées pour chanter. Et un clitoris géant posé sur un chariot a fait le tour de Zurich.

Crèches fermées, service minimum dans les écoles, certaines villes — comme Genève — ont soutenu la mobilisation. Présente pour y faire un discours devant l’Organisation internationale du travail, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, avait épinglé sur sa veste une épinglette avec le logo féministe du poing levé.

La manifestation, jugée « illicite » par l’Union patronale, visait à demander « plus de temps, plus d’argent et du respect ». Elle a fait écho à la grande grève des femmes suisses qui avait réuni un demi-million de participantes le 14 juin 1991, dix ans jour pour jour après l’introduction du principe d’égalité entre les genres dans la Constitution.

Les femmes avaient alors dénoncé l’absence de mesures concrètes et l’inégalité salariale. Cette mobilisation avait abouti à l’entrée en vigueur en 1996 de la loi sur l’égalité au travail.