Johnson démarre en tête la course à la succession de May

Favori pour le poste de chef du Parti conservateur, Boris Johnson a menacé de ne pas payer la facture du Brexit si l’Union européenne n’acceptait pas de meilleures conditions de sortie pour son pays.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse Favori pour le poste de chef du Parti conservateur, Boris Johnson a menacé de ne pas payer la facture du Brexit si l’Union européenne n’acceptait pas de meilleures conditions de sortie pour son pays.

La course pour succéder à la première ministre britannique, Theresa May, a démarré en trombe lundi, plusieurs candidats attaquant le favori, Boris Johnson, et son « bluff » sur le Brexit, pendant qu’un autre voyait sa campagne plombée par ses aveux sur sa consommation de cocaïne.

Huit hommes et deux femmes briguent le poste de chef du Parti conservateur, après la démission de Theresa May vendredi, a annoncé le parti à la clôture des candidatures, lundi en fin d’après-midi, et le retrait d’un prétendant, Sam Gyimah.

Le vainqueur accédera du même coup à Downing Street, le poste revenant au chef de la formation qui réunit une majorité parlementaire suffisante pour gouverner. Il aura la délicate mission de mener à bien la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, ce que Theresa May n’a pas réussi, contrainte de reporter au 31 octobre la date du Brexit initialement prévue le 29 mars.

Plusieurs candidats ont lancé leur campagne en dénigrant Boris Johnson. L’un d’eux, le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a fait valoir le « sérieux » de sa candidature face à M. Johnson, connu pour ses gaffes et ses approximations. Le prochain leader conservateur devra maîtriser « l’art de la négociation, pas l’art de la rhétorique creuse », a lancé le chef de la diplomatie, qui a reçu le soutien de la ministre eurosceptique de la Défense, Penny Mordaunt.

Cocaïne

Le ministre de l’Environnement, Michael Gove, lui, était bien parti et comptait également se présenter comme un « chef sérieux ». Mais sa candidature a du plomb dans l’aile depuis qu’il a admis avoir consommé de la cocaïne tout en s’étant prononcé ouvertement contre l’usage de cette drogue. Harcelé de questions à ce sujet au lancement de sa campagne, le candidat a dit « regretter » cette « erreur », et assuré qu’il croyait toujours en ses chances : « Je suis là pour gagner », a-t-il affirmé.

Boris Johnson de son côté a lancé un pavé dans la mare ce week-end en menaçant de ne pas payer la facture du Brexit — une somme évaluée entre 60 et 67 milliards de dollars — si l’UE n’acceptait pas de meilleures conditions de sortie pour son pays. M. Johnson prévoit aussi des baisses d’impôt, qui seraient en partie financées par l’argent mis de côté dans l’éventualité d’un Brexit sans accord, selon le Daily Telegraph.