Trump se dit prêt pour l’après-Brexit

Des manifestants anti-Trump se sont rassemblés à Trafalgar Square, au centre de Londres, mardi.
Photo: Isabel Infantes Agence France-Presse Des manifestants anti-Trump se sont rassemblés à Trafalgar Square, au centre de Londres, mardi.

La rencontre était incertaine. Mais il y a bien eu une poignée de main entre Donald Trump et Theresa May, devant le palais Saint James, au deuxième jour de la visite officielle du président américain au Royaume-Uni mardi. Il y a aussi eu de nouvelles manifestations pour dénoncer sa présence — manifestations que M. Trump a prétendu ne pas avoir vues —, des propos acrimonieux de part et d’autre, une rencontre avec le populiste Nigel Farage et l’appui renouvelé de Trump à Boris Johnson autant qu’à la signature d’un accord commercial bilatéral post-Brexit.

« Les États-Unis sont prêts à conclure un accord phénoménal » avec la Grande-Bretagne après le Brexit, a indiqué le milliardaire américain lors d’une conférence de presse conjointe tenue avec la première ministre Theresa May depuis le Foreign Office. Plus tôt dans la journée, face à des entrepreneurs britanniques et américains, il a évoqué un « accord commercial très, très substantiel » et « équitable », laissant toutefois son ambassadeur à Londres, Woody Johnson, confirmer que, même si le divorce entre l’Union européenne et le Royaume-Uni n’est pas encore prononcé, Washington travaille déjà à l’écriture de ce traité, qui sera « plus rapide qu’aucun autre accord que nous ayons jamais eu », a indiqué le diplomate.

C’est le 31 octobre, au plus tard, que le Royaume-Uni doit mettre fin à son intégration au sein de l’UE, selon les nouveaux termes du Brexit, dont la sortie initiale le 29 mars a été manquée, faute d’entente entre les élus britanniques sur le traité scellant le divorce. Theresa May, elle, doit quitter son poste de première ministre vendredi, emportée par ce fiasco.

Une visite officielle, c’est un honneur, et je ne crois pas que ce président mérite cet honneur 

Après l’avoir critiquée plus tôt cette semaine pour sa mauvaise gestion du Brexit, Donald Trump a changé de ton en sa présence mardi, saluant le « travail fantastique » de la chef du gouvernement. Il a par ailleurs eu une conversation téléphonique de 20 minutes avec Boris Johnson, ex-maire de Londres et favori dans la course à la chefferie du Parti conservateur et, de facto, au remplacement de Mme May. En fin de journée, M. Trump a également rencontré le populiste Nigel Farage, artisan du Brexit et leader du Brexit Party porté aux nues par les électeurs britanniques lors des législatives européennes.

Accueil peu chaleureux

La visite officielle de M. Trump au Royaume-Uni s’est poursuivie, pour une deuxième journée de suite, sous un vent de critiques, particulièrement dans les rues où des milliers de citoyens se sont réunis pour dénoncer la présence du politicien américain sur le sol britannique. Une contestation qualifiée de « fake news » par le président, qui a assuré que les milliers de personnes étaient plutôt dans les rues pour l’acclamer. Le président a traité de « force négative » le travailliste Jeremy Corbyn, présent mardi lors des manifestations anti-Trump tout en refusant de le rencontrer.

« Une visite officielle, c’est un honneur, et je ne crois pas que ce président mérite cet honneur », a indiqué la critique travailliste en matière d’affaires étrangères, Emily Thornberry, sur les ondes de la BBC mardi matin. « C’est un prédateur sexuel, c’est un raciste, et il faut le dire. » L’an dernier, l’élue britannique avait qualifié Trump d’« astéroïde abominable [s’étant] abattue sur notre monde ».

Mercredi, M. Trump doit assister aux cérémonies soulignant le 75e anniversaire du débarquement en Normandie en compagnie de la reine Élisabeth II et du prince Charles à Portsmouth. Il s’envolera ensuite vers la République d’Irlande pour une rencontre avec le premier ministre irlandais, Leo Varadkar.

Avec l’Agence France-Presse